Procès Bommeleeër bisLe verdict est tombé: cinq des six accusés sont relaxés

RTL Lëtzebuerg
traduit pour RTL Infos
Les prévenus étaient poursuivis pour faux témoignages sous serment lors du procès Bommeleeër en 2013/2014.
Le tribunal d’arrondissement de Luxembourg

Le verdict est tombé ce jeudi après-midi dans le procès dit “Bommeleeër bis”. L’ancien commandant de la Brigade mobile, Pierre Reuland, a été condamné jeudi après‑midi par le tribunal de Luxembourg à trois ans de prison avec sursis intégral ainsi qu’à une amende de 5.000 euros. Les ex-gendarmes Armand Schockweiler, Guy Stebens, Marcel Weydert, ainsi que l’officier Aloyse Harpes et l’ancien enquêteur de la Sûreté publique, Guillaume Büchler, ont été acquittés. Les demandes d’indemnisation des parties civiles, Marc Scheer et Jos Wilmes, n’ont pas été retenues.

Avec ce verdict, le tribunal est resté en‑deçà des peines de prison allant de 18 mois à cinq ans, requises par le Parquet. Un acquittement avait seulement été envisagé pour Marcel Weydert.

“Ce qui s’est passé ici, est une énorme ignominie”

Dans le procès qui s’est tenu fin 2025, il était question des présumés faux témoignages lors du procès Bommeleeër de 2013/14. Le Parquet avait alors reproché – et reproche toujours dans le procès actuel – aux six prévenus de ne pas avoir dit ce qu’ils savaient. Entre autres choses, leurs déclarations étaient en partie contradictoires. Par ailleurs, les enquêteurs considéraient que, compte tenu de leurs fonctions, les prévenus auraient dû en savoir plus. “Ce qui s’est passé ici, est une énorme ignominie”, a déclaré la procureure d’État adjointe fin 2025. “La vérité a été dissimulée à la justice”, a souligné la représentante du parquet.

Les avocats avaient notamment plaidé qu’il ne s’agissait pas à l’époque de faux témoignages, mais de souvenirs erronés, 30 ans après les faits. Donc 30 ans après la série d’attentats du Bommeleeër, qui n’était toutefois pas directement au cœur de ce procès. Mais les principaux accusés du procès de 2013/14, Marc Scheer et Jos Wilmes, étaient également présents dans le procès actuel. A la surprise générale, ils s’étaient constitués parties civiles dès le premier jour, accompagnés de leurs avocats. Ils réclamaient chacun 580.000 euros de dommages et intérêts. Leurs avocats avaient expliqué que, en raison des présumés faux témoignages, aucun jugement n’a encore pu être rendu dans le procès Bommeleeër, 12 ans que leurs clients attendent un verdict. Durant tout ce temps, ils ont été publiquement discrédités en tant que poseurs de bombes (Bommeleeër).

Une surveillance abandonnée du jour au lendemain

Lors des audiences à la fin de l’année dernière, les enquêteurs et le Parquet se sont particulièrement penchés sur des faux témoignages présumés liés à un événement d’octobre 1985. A cette époque, il semble qu’une surveillance visant le fondateur de la Brigade mobile, Ben Geiben, ait été tout simplement abandonnée du jour au lendemain. Entre‑temps, Ben Geiben avait quitté la gendarmerie et avait même été suspecté un temps d’être impliqué dans les attentats. La raison pour laquelle cette surveillance est restée sans suite demeure obscure.

Selon les enquêteurs et le parquet, les prévenus du procès bis devraient pouvoir apporter des éclaircissements sur cette question. Mais ils ne disent rien qui puisse satisfaire le Parquet comme explication.

L’avocat de Pierre Reuland, Maître Roland Assa, a déjà annoncé qu’il fera appel de ce jugement.

Pour rappel, l’affaire Bommeleeër demeure l’une des affaires non résolues les plus célèbres du Luxembourg. Entre 1984 et 1986, une vingtaine d’attentats à la bombe ont visé des infrastructures dans tout le pays, notamment des pylônes électriques et des bâtiments publics. Malgré des enquêtes approfondies et un procès très médiatisé lancé en 2013, personne n’a jamais été condamné.

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