Après quatre mois de tension entre syndicats et ministres du gouvernement CSV-DP, le Premier ministre Luc Frieden a pris le taureau par les cornes mardi après-midi en s’asseyant à table avec l’OGBL et le LCGB.
Remontés contre l’absence de considération du gouvernement à leur égard et ses positions tranchées sur plusieurs dossiers cruciaux (droit exclusif de négocier les conventions collectives, travail du dimanche, heures d’ouverture des commerces,...), ils étaient prêts à aller jusqu’à “la grève générale, s’il le faut”.
Ce spectre semble s’être éloigné après deux heures d’entretien à huis clos au ministère d’État et l’annonce du Premier ministre, Luc Frieden, de “convoquer dans les prochaines semaines, ou mois, une grande table ronde sociale avec les ministres concernés pour avancer, dans un dialogue constructif, sur une série de dossiers sociaux”. Il a dit la volonté de son gouvernement “d’avancer dans le dialogue et non en se disputant, dans le but de renforcer notre pays pour l’avenir”.

Pour rassurer ses partenaires sociaux qui en doutaient clairement à leur arrivée au ministère, le chef du gouvernement a assuré que “le dialogue social et la paix sociale sont extrêmement importants” à ses yeux. Tout simplement parce que c’est “un atout” de poids du Luxembourg qui lui confère sa stabilité, critère premier pour attirer les capitaux. Et qui permet actuellement au Luxembourg de se démarquer de ses voisins, la France, l’Allemagne et la Belgique, chez lesquels la stabilité politique vacille.
Luc Frieden sait que obtenir la paix sociale, “il faut discuter” avec les syndicats, les entrepreneurs et les partis politiques sur des sujets comme “l’organisation du travail, les retraites et toute une série de sujets sociaux” dans le but de “continuer à moderniser notre pays, l’adapter aux évolutions dans le monde -observez les relations de la Chine et des Etats-Unis avec l’Europe- et tenir compte du fait que les gens vivent autrement aujourd’hui qu’il y a 20 ans: les familles sont différentes, les comportements d’achat, au travail, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle”.
La présidente de l’OGBL, Nora Back, est ressortie avec un “ressenti positif, parce qu’on a été écouté et qu’on a eu un engagement du Premier ministre. Il y a une volonté affichée du gouvernement de trouver des compromis, des solutions”. Elle retient que Luc Frieden “essaye de réconcilier les parties”. Par contre “il n’y a rien eu de concret, aucun résultat pour le moment”.
Le président du LGCB parle dune réunion “constructive”, mais relève que l’approche du dialogue sociale n’est pas la même des deux côtés. Pour le gouvernement il s’agit “plutôt de faire une consultation”, tandis que pour les syndicats, c’est de “dire qu’on est d’accord de travailler dans une direction pour avoir un résultat”.
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