
Face aux effets néfastes de l’alcool et du tabac, la stratégie du Luxembourg est “incomplète”. Dans un rapport sur les maladies chroniques publié ce mercredi 28 janvier, l’Observatoire national de la santé confirme quel le principal moyen de favoriser une bonne politique de santé publique et de rendre ces produits plus coûteux.
“Les interventions visant à rendre le tabac et l’alcool moins abordables et moins accessibles, ainsi que les mesures réglementaires favorisant une alimentation saine, sont très efficaces, mais leur mise en œuvre est incomplète au Luxembourg” tranche l’Observatoire. Les auteurs du rapport soulignent que la taxation de ces produits est trop faible, ce qui les rend “très abordables”.
Le Luxembourg est notamment peu rigoureux par rapport à ses voisins. “Par exemple, en 2024, les droits d’accises pour un paquet de 20 cigarettes étaient de 2,86 € au Luxembourg, contre 3,63 € en Allemagne, 6,22 € en Belgique et 7,45 € en France” constatent les auteurs du rapport. Alors qu’une hausse de prix de 10% permettrait de réduire la consommation d’environ 3% au Luxembourg. Les autorités pourraient même réduire la tabagisme de 30% avec une méthode drastique : doubler immédiatement le prix du tabac puis lui infliger encore 10% de hausse chaque année pendant quatre ans. Avec des effets positifs assurés sur les maladies respiratoires, cardiovasculaires et les cancers.
“L’impact d’une augmentation du prix du tabac au Luxembourg serait rapide et entraînerait une réduction significative de la prévalence des maladies chroniques, selon des estimations nationales” peut-on lire dans le rapport, qui pointe également le problème lié à l’alcool. “Les faibles droits d’accises sur l’alcool, l’absence de prix unitaire minimum, et les restrictions limitées en matière de publicité et de disponibilité à la vente facilitent l’accès à des boissons alcoolisées à bon marché.”
Alcool et tabac sont notamment pointés du doigt, avec les habitudes alimentaires et l’activité physique, comme les principaux moyens d’influer sur les maladies chroniques : cancer, maladies cardiovasculaires, troubles musculosquelettiques, dépression, démence, obésité, diabète, maladies respiratoires. Et dont “une grande partie sont évitables par la prévention”.