Non seulement les profils qualifiés manquent dans de nombreux secteurs, mais en même temps, il devient de plus en plus difficile d’attirer des talents de l’étranger, selon le ministre de l’Économie et celui du Travail. Pour y remédier, le marché du travail luxembourgeois sera désormais promu à l’extérieur sous le slogan “Your Future starts here”. Et pour mieux atteindre les talents, au Luxembourg comme à l’étranger, et leur faciliter l’accès au marché du travail, deux nouveaux outils ont été créés.
Avec les nouveaux sites internet “Work in Luxembourg” et “Talent Desk”, le gouvernement mise sur une stratégie centralisée visant à attirer des talents au Luxembourg, les y retenir et simplifier l’accès au marché du travail. Lorsque quelqu’un vient travailler au Luxembourg, il n’est pas simple de trouver toutes les informations nécessaires sur la vie dans le pays et sur le marché du travail, explique le ministre de l’Économie, Lex Delles. Le nouveau portail “Work in Luxembourg” doit servir de plateforme d’information centrale.
Le “Talent Desk”, accessible à la House of Entrepreneurship ou sous forme digitale, doit, quant à lui, faciliter encore davantage l’accès à l’information, aussi bien pour les talents que pour les entreprises.
“Lorsque nous parlons de talents, un point très important est que nous parlons dans le cadre de l’attraction des talents. Là nous devons aussi réfléchir au fait qu’une fois ici, nous devons aussi retenir ces talents, et d’un autre côté, il faut aussi former les talents dont nous avons besoin. Cela signifie que, chaque fois que nous parlons de talents, nous parlons de trois volets : attirer, former, retenir.”
Un projet important du Talent Desk est la mise en place d’un “Spouse‑Programme”, visant à faciliter l’intégration professionnelle et sociale des conjoints de talents internationaux, favorisant ainsi leur ancrage durable au Luxembourg. Ils reçoivent une assistance et une orientation pour trouver plus rapidement un emploi au Luxembourg et mieux s’intégrer. Carlo Thelen, directeur de la Chambre de commerce, explique :
“Nous entendons de nombreuses entreprises dire que l’attraction et la rétention d’un talent échouent parce que le conjoint ne se sent pas bien ou pas intégré, tant dans la société que sur le marché du travail. Il est donc important d’accompagner correctement ces personnes et de voir comment les aider à se réorienter pour être pleinement intégrées ici. Je pense que la qualité de vie est un élément crucial au Luxembourg.”
La Chambre des métiers met en garde : d’ici 2035, environ 28.000 artisans partiront à la retraite, selon les estimations.
D’un côté, il y a pénurie de main‑d’œuvre,de l’autre, le taux de chômage continue d’augmenter. Fin décembre, plus de 21.000 personnes étaient inscrites à l’ADEM, une hausse d’environ 8 % sur un an. Parfois, indique le ministre du Travail, Marc Spautz, les personnes ont besoin de formations ciblées pour améliorer leurs chances sur le marché du travail.
“C’est pourquoi nous proposons également de nombreuses formations complémentaires à l’ADEM, et dans les prochains jours, ou plutôt les prochaines semaines, nous reviendrons avec les Skills Plans, afin de faire en sorte que les personnes inscrites comme demandeurs d’emploi au Luxembourg aient réellement la possibilité de s’intégrer sur le marché du travail luxembourgeois.”
Attirer de nouveaux talents est une chose, les retenir durablement au Luxembourg en est une autre. Pour mieux comprendre pourquoi les talents nationaux et internationaux ne souhaitent pas toujours rester au Grand-Duché, le gouvernement a commandé une étude. Les résultats seront présentés en mars.