Claude Meisch"L'école doit préparer à la vie, je l'expliquerai aux personnes qui ont signé la pétition"

RTL Infos
Jeudi, le ministre de l'Education, Claude Meisch, était l'invité de la rédaction de RTL. Il a été question du détournement de 61 millions d'euros chez Caritas, des turbulences au Science Center et de la pétition qui veut exclure les thématiques LGBT de l'école.
© Sarah Cames / RTL

Ce qui s’est passé chez Caritas est très grave”, selon le ministre de l’Education, Claude Meisch. “Et nous ne savons toujours pas exactement ce qui s’est passé, et si nous continuons simplement à transférer de l’argent, nous ne saurons pas où va cet argent”, a ajouté Claude Meisch à propos de l’affaire Caritas, après que l’association ait été victime d’un détournement de fonds de près de 61 millions d’euros. Le gouvernement ne versera plus de subventions à l’ONG jusqu’à nouvel ordre.

La première priorité” du gouvernement “est la poursuite des activités” qu’il a avec Caritas, car elles sont essentielles pour de nombreuses personnes. Ces dernières ne doivent pas avoir à souffrir à cause d’une mauvaise gestion et d’une “énergie criminelle”, a estimé Claude Meisch. Et cette “énergie criminelle”, qu’elle soit interne ou externe, doit être révélée par l’enquête et sanctionnée. L’Etat ne peut pas prendre à sa charge les 61 millions d’euros. Le ministre reconnaît de la part du gouvernement un manque de confiance actuellement dans la gouvernance et la gestion financière de la structure. “Nous y allons doucement maintenant. Caritas doit régler ce problème et nous verrons ensuite comment aller de l’avant”, a souligné le ministre.

Nous partons du principe que peu d’argent public a disparu”, a encore ajouté Claude Meisch. “La responsabilité incombe au conseil d’administration d’entreprendre les démarches nécessaires pour rétablir la confiance afin de pouvoir poursuivre les activités” de Caritas. Le ministère de l’Éducation entretient surtout une coopération concrète avec Caritas pour l’accompagnement des réfugiés mineurs isolés, c’est-à-dire qui arrivent au Luxembourg sans parents. Il a aussi clairement indiqué qu’il travaille sans aucun problème avec des centaines d’autres ASBL et qu’il s’agit là d’un cas particulier.

Au Science Center, le robinet à finances est fermé

Le Science Center connaît des problèmes depuis deux ans. Il est la cible de critiques pour sa gouvernance et à l’égard de la personne de Nicolas Didier. Ce dernier est le directeur du Science Center, mais aussi le président de son conseil d’administration et le responsable de la société privée GGM11, qui a pour unique client le Science Center. Le ministère a fait réaliser un audit pour vérifier si trois factures d’un montant total de 1,9 million d’euros étaient bien dues. Claude Meisch a confirmé jeudi que cet audit a été transmis au parquet. L’audit conclut que “ces factures ne sont pas dues”. Le ministre maintient que l’État ne les payera pas.

La responsabilité incombe principalement au conseil d’administration”. “Il n’appartient pas au ministre de s’immiscer dans la gestion d’une ASBL et de dire qui doit faire quoi.” Le conseil d’administration et Nicolas Didier se sont en effet “donné beaucoup de temps pour répondre aux demandes déjà formulées il y a un an”. Claude Meisch a souligné qu’”il est clair que la convention a expiré et qu’il n’y aura plus de nouveau financement public si toutes les conditions ne sont pas mises en oeuvre.”

Quand cela sera-t-il le cas? A cette date, le ministre n’a pas de réponse à cette question. L’État souhaite disposer de deux membres au conseil d’administration. Ceux-ci diront clairement que Nicolas Didier ne peut rester ni président ni directeur. “Le ministre peut tout au plus fermer le robinet à finances, ce qu’il a fait”, mais l’ASBL et le conseil d’administration ont leur mot à dire. Cela se passe malheureusement aux dépens des employés mais aussi des visiteurs, regrette Claude Meisch. “La seule chance du Science Center est de pouvoir repartir de zéro, sans Nicolas Didier”, estime le ministre.

Pétition contre les thématiques LGBT à l’école

Une pétition qui souhaite exclure les thématiques LGBT des programmes scolaires, a obtenu en trois jours les signatures nécessaires à un débat public à la Chambre. Ce jeudi matin, 6.600 personnes l’avaient signée. Bien entendu, “ce n’est pas la vision” que lui et le ministère ont de l’école. “L’école doit préparer à la vie et à ce qu’est la société.

Et ces thématiques ne peuvent être éludées, a déclaré Claude Meisch. Elles doivent évidemment être “abordées d’une manière adaptée à l’âge” des élèves. Il expliquera clairement sa position aux pétitionnaires. Cet exemple montre aussi que si beaucoup de choses ont été atteintes, cela ne l’a pas été de manière définitive et qu’il faut toujours réexpliquer les choses.

Back to Top
CIM LOGO