Les éleveurs sont optimistesLuxlait, la meilleure piste pour remplacer EKABE

Fanny Kinsch
adapté pour RTL Infos
Il y a un mois, 68 éleveurs ont appris avec surprise que la laiterie EKABE, propriété du groupe français Lactalis, n'achètera plus de lait luxembourgeois à partir de mars prochain.
© René Pfeiffer

Luxlait serait la meilleure piste, estiment les éleveurs qui ont appris il y a un mois avec surprise qu'EKABE ne collectera plus leur lait à l’avenir. Ils sont toutefois également en discussions avec d’autres laiteries. Les éleveurs, tout comme la ministre de l’Agriculture Martine Hansen, se montrent optimistes.

Ce serait une bonne chose, déclare Vic Wirtz, président de la coopérative laitière Prolek. Les 68 agriculteurs regroupés au sein de celle-ci, souhaitent en tout cas être repris ensemble, et ils voient désormais se dessiner des perspectives en ce sens.

"Luxlait nous a annoncé qu’elle n’avait pas de solution toute faite pour nous, mais qu’elle était prête à nous ouvrir sa porte afin de rechercher une solution avec nous. C’est un signal très fort. Et nous lui en sommes très reconnaissants."

Toutefois, Prolek mène également d’autres discussions, notamment avec la laiterie Hochwald, également implantée au Luxembourg.

La ministre de l’Agriculture Martine Hansen (CSV) se montre confiante quant à la possibilité de trouver une solution, comme elle l’a indiqué mercredi en commission parlementaire.

"Le ministère ne peut pas s’immiscer dans les négociations, c'est évident. Nous ne pouvons pas négocier avec l’un ou l’autre, mais nous pouvons apporter notre aide."

Cette aide pourrait notamment consister en la réalisation, par le ministère, d’une étude de marché visant à identifier les produits laitiers pour lesquels il existe une demande. Les députées de l’opposition, LSAP et Gréng, espéraient toutefois davantage.

"Je pense qu’il est également possible de consentir des efforts supplémentaires pour les soutenir davantage dans la voie de la diversification, ainsi que pour continuer à soutenir les débouchés et les capacités de transformation ici au Luxembourg." "Il est cependant important de réfléchir à l’avenir et à la manière de construire un modèle durable, afin que les exploitations agricoles soient, au fond, moins dépendantes de grands groupes multinationaux de ce type", ont déclaré Joëlle Welfring (déi gréng) et Claire Delcourt (LSAP).

Les éleveurs de Prolek demandent en ce sens qu’une plus grande valeur ajoutée soit créée au Luxembourg pour le lait, y compris pour l’exportation, explique Vic Wirtz.

"Pour protéger la production laitière luxembourgeoise des fluctuations du prix mondial du lait en produisant localement des produits à forte valeur ajoutée, qui peuvent toutefois trouver leur public dans le monde entier."

Il s’agirait d’une piste qui pourrait également bénéficier d’un soutien politique, estime Jeff Boonen, député CSV et président de la Commission de l’Agriculture.
 
"La loi agricole comprend un article qui autorise les industries de transformation du secteur agricole, qu’il s’agisse de viande, de lait ou d’autres produits, qui veulent investir de bénéficier, par exemple, d’aides à l’investissement. La ministre a justement indiqué qu’un travail est en cours afin de sortir éventuellement cette disposition et d’achever plus rapidement cette loi, pour soutenir les industries luxembourgeoises qui transforment des produits alimentaires."
 
Il y a un mois, 68 agriculteurs ont reçu avec surprise la nouvelle que l’EKABE cessera d’acheter leur lait à partir du mois de mars de l’année prochaine. Aujourd’hui, les exploitants agricoles comme le ministère se montrent optimistes et estiment qu’une solution sera trouvée.

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