
Alors que la réunion a duré près de deux heures, tant Martine Hansen que les représentants des producteurs de lait sont restés plutôt laconiques à l’issue de celle-ci. Le message principal était toutefois clair : tout sera mis en œuvre pour "sauver" les 68 exploitations. Il convient désormais d’analyser précisément la marge de manœuvre dont dispose le gouvernement, laquelle devrait néanmoins être assez limitée, selon la ministre de l’Agriculture.
"Nous devons maintenant faire un brainstorming pour voir où nous pouvons aider de manière ciblée, ce que nous pouvons faire. En tant qu’État, nous ne pouvons évidemment pas racheter du lait, mais nous pouvons éventuellement servir de lien entre différents acteurs."
Le président de la coopérative Prolek, Vic Wirtz, a souligné qu’il en allait de l’existence même des exploitations concernées. Il existe en effet la possibilité qu’elles se tournent vers une autre laiterie, par exemple Luxlait, Arla ou Hochwald. Cependant, il n’y a aucune certitude qu'une seule laiterie serait en mesure, ou disposée, à reprendre autant d’exploitations d’un seul coup. Interrogé sur le fait de savoir si Prolek restait soudée ou si chaque exploitation cherchait désormais une solution individuellement, Vic Wirtz a répondu : "En tant que président de notre coopérative, je m’engage à ce que nous trouvions ensemble une solution commune. Je veille sur chaque membre, personne ne sera laissé pour compte."
La situation sur le marché du lait n’est pas simple en général. Une offre importante entraîne un prix plutôt bas : en avril 2026, le prix au Luxembourg s’élevait à environ 40 centimes par kilo de lait de qualité de classe 1. Lactalis évoque 50 millions de litres de lait collectés au Luxembourg. Concernant le volume de Prolek, Vic Wirtz précise :
"Ces dernières années, nos volumes, nos quantités n’ont pas augmenté et notre nombre de vaches a plutôt diminué, car la productivité de chaque animal a augmenté. Nous l’assumons."
Ces derniers jours, on peut lire sur les réseaux sociaux que des consommateurs ne souhaitent plus acheter de produits EKABE. Une position que Prolek ne soutient toutefois pas.
"Nous n’appelons pas au boycott. Nous sommes toujours en très bons termes avec Lactalis et nous menons des discussions quotidiennes. Nous regrettons fortement leur décision, mais nous la respectons." En réaction à l’annonce de Lactalis, le syndicat Baueren Allianz plaide pour une réflexion globale sur la production laitière luxembourgeoise. Il conviendrait de moins miser sur la quantité et davantage sur la qualité, la commercialisation régionale et des circuits de vente courts.
À ce stade, Martine Hansen n’accorde toutefois pas beaucoup d’importance à ce débat : "Je pense que les agriculteurs présents ici produisent une véritable qualité, ils le savent mieux que quiconque, et ils ont fourni à Lactalis la qualité la plus élevée. Une discussion plus large sur la manière de produire le lait est un débat qui ne contribue pas directement à résoudre ce problème."
Par ailleurs, Prolek organise ce lundi soir une réunion à Junglinster afin d’informer tous les agriculteurs concernés des derniers développements.