
Tant le député LSAP Franz Fayot que le ministre libéral des Affaires étrangères Xavier Bettel se disent satisfaits au micro de RTL, tout en adressant quelques petites piques à la CSSF. Xavier Bettel a ainsi déclaré : "À l’époque, ils ne nous ont pas demandé [notre avis] lorsqu’ils ont pris leur décision ; aujourd’hui encore, ils ne nous l'ont pas demandé." Le ministre des Affaires étrangères avait reproché à la CSSF, en septembre dernier, de lui avoir "refilé la patate chaude" alors que la Commision était critiquée pour avoir autorisé les obligations israéliennes ("Israel Bonds").
De son côté, le député LSAP Franz Fayot estime que la CSSF n’aurait pas dû approuver ces obligations israéliennes il y a un an. À la remarque que l’autorité de surveillance financière est indépendante et qu’aucune sanction européenne contre Israël n’est actuellement en vigueur, l'élu socialiste réplique que la CSSF n’agit pas dans le "vide absolu". Il souligne qu’après sa décision prise en septembre, la CSSF avait sollicité un avis du ministère des Affaires étrangères. Il rappelle également que les graves violations du droit international ainsi que les avis de la Cour internationale de justice étaient connus.
Le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a récemment condamné à plusieurs reprises et avec fermeté le gouvernement israélien et ses actions. Lors d’un forum économique, il a toutefois averti qu’il ne fallait pas véhiculer de l’antisémitisme ni des messages tels que "N’achetez pas chez les Juifs". Pour Franz Fayot, l’antisémitisme est une ligne rouge absolue, mais cela ne signifie pas qu’il soit interdit de critiquer la politique du gouvernement israélien. C’est ce dernier qui contribue actuellement le plus à renforcer la haine des Juifs, selon le député.
L'élu LSAP, qui a été ministre de l’Économie jusqu’en 2023, estime également que l’Union européenne devrait enfin mettre fin à sa politique du "deux poids, deux mesures" et traiter Israël comme elle traite la Russie : geler l’accord commercial avec Israël et sanctionner des ministres israéliens. Selon lui, le Luxembourg pourrait aussi, à l’instar d’autres pays de l’UE, prendre lui-même des sanctions.