Bilan parlementaireDéi Lénk estime avoir freiné la politique "autoritaire et néolibérale" du gouvernement

Marc Hoscheid
Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
Le parti déi Lénk a dressé son bilan de la session parlementaire mercredi. Comme exemple de son influence positive, "la Gauche" a cité l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. En revanche, déi Lénk considère que dans les domaines de la sécurité et de la fiscalité notamment, le CSV et le DP continuent à suivre une mauvaise direction.
En cette première semaine de vacances, déi Lénk a dressé son bilan parlementaire.
En cette première semaine de vacances, déi Lénk a dressé son bilan parlementaire.
© Arnaud Serexhe

C’est une tradition que les différents partis représentés à la Chambre invitent les représentants de la presse aux traditionnels déjeuners des groupes parlementaires avant la pause estivale, afin de dresser le bilan de l’année parlementaire. Jeudi, c’était au tour de déi Lénk, qui a profité de l’occasion pour dénoncer ce qu’il considère comme la politique néolibérale et autoritaire du gouvernement.

"L'aimant gauche à la Chambre"

Pour certains journalistes, ce déjeuner avait un léger air de déjà-vu, puisque déi Lénk avait invité la presse dans le même restaurant du centre-ville que le LSAP la semaine précédente. Mais même si déi Lénk et le LSAP ont avant tout critiqué la politique du gouvernement, leur discours n’était pas exactement le même.

En jetant un regard sur le travail accompli au cours des douze derniers mois, David Wagner a dressé le bilan suivant : "Nous n’étions que deux. Peut-être aurions-nous pu faire encore davantage, peut-être en ferons-nous plus encore, car nous sommes déterminés. Mais à deux, nous avons réussi à accomplir des choses, nous avons été l’aimant gauche à la Chambre. Et si nous sommes encore plus forts, nous pourrons continuer à placer au centre du débat, avec une force encore plus grande, ces thématiques positives, sociales et progressistes."

David Wagner a également souligné que c’est grâce à une initiative de déi Lénk que le droit à l’avortement a été inscrit dans la Constitution. "Et cela, contrairement à ce qui est parfois affirmé, n’était pas un apport purement symbolique. Car le jour - et nous espérons tous que cela n’arrivera jamais - mais le jour où des forces réactionnaires deviendraient peut-être plus fortes et obtiendraient une majorité, nous verrions alors que ce n’est pas du tout aussi symbolique. Car il sera malgré tout plus difficile de modifier cela."

En évoquant ces "forces réactionnaires", l'élu déi Lénk évoquait-il l'ADR ? Ce n'est pas très clair, mais on pourrait toutefois le penser, David Wagner ayant peu auparavant accusé l’ADR de racisme, de misogynie, d’homophobie et de climatoscepticisme.

"Les vestiges des réflexes autoritaires de ce gouvernement"

Par ailleurs, selon Marc Baum, le gouvernement CSV-DP de Luc Frieden est arrivé au pouvoir avec le programme le plus néolibéral depuis des décennies. Il estime cependant qu’il a été possible, avec l’aide de déi Lénk, de freiner cette politique. Parmi les exemples cités figurent notamment la réforme des retraites, le débat sur la représentativité nationale des syndicats et la libéralisation du système de santé. Malgré cela, il subiste encore des "vestiges des réflexes autoritaires de ce gouvernement".

"Sous la forme du ministre de l'Intérieur Gloden qui, après avoir d’abord pris les mendiants pour cibles, puis les demandeurs d’asile avec le 'paquet asile', et maintenant les sans-abris avec les expulsions, nous constatons qu’il en est arrivé au point de devoir traverser le quartier de la Gare avec un gilet pare-balles. On ne peut alors que se poser sérieusement des questions sur la santé mentale du ministre de l’Intérieur." 

Il faudrait aussi se poser la question de savoir ce que ce gouvernement entend encore faire au cours des deux prochaines années. À cet égard, il a l’impression que l’objectif principal est de poursuivre une politique favorable au patronat.

"Il y a quelques jours, le 'booster logement' a été présenté, qui est en réalité avant tout un booster pour les grands promoteurs immobiliers, et non pour les personnes qui sont locataires. Nous le constatons également dans toutes les aides prévues par l’accord tripartite, ainsi que dans la politique fiscale qui est simplement poursuivie sans changement. Mais pour gagner les élections, ils offrent une nouvelle fois une tournée générale aux frais des finances publiques."

Au lieu d’accorder des cadeaux fiscaux pour des raisons électorales, il faudrait de grands investissements dans le logement public et la transition énergétique. Pour cela, il serait tout à fait envisageable de recourir à l’endettement, selon déi Lénk.

Il s’agissait de la dernière conférence de presse de David Wagner et de Marc Baum en tant que députés pendant cette législature. Comme le prévoit le principe de rotation pratiqué par déi Lénk, ils céderont leur place aux candidats suivants après la rentrée parlementaire d’octobre. Ana Correia da Veiga succédera à David Wagner, tandis que Gary Diderich remplacera Marc Baum.

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