
Dimanche dernier, un avion ancien de type Antonov AN-2 a été accidenté après son atterrissage raté sur la piste de l’aéroport de Luxembourg-Findel, peu avant 17 heures. L'incident n'a pas fait de blessé, mais il a fallu trois heures avant que la piste puisse être rouverte. Par conséquent, quelque 5.200 passagers ont été affectés par des retards, des déroutements et des annulations à l’aéroport. Cet incident a été l'occasion pour certains de souligner que la cohabitation entre aviation générale et aviation commerciale au Findel est de plus en plus problématique en raison de l’intensité du trafic aérien. "La coexistence à l’aéroport de Findel devient de plus en plus difficile", a notamment indiqué Alexander Flassak, directeur de Lux-Airport.
L’aviation générale au Findel ne doit pas être réduite à une simple activité secondaire ou à un rôle accessoire au sein de l’aéroport, écrit en réaction la Fédération aéronautique luxembourgeoise (FAL) dans un communiqué publié jeudi matin. La FAL souligne que ces activités constituent une composante importante du secteur aéronautique luxembourgeois et contribuent à la préservation des compétences aéronautiques au Grand-Duché.
L’aviation générale comprend non seulement l’aviation sportive et l’aviation d’affaires, mais aussi les activités des clubs, les vols de formation ainsi que les vols privés.
Par ailleurs, l’aviation générale joue un rôle essentiel dans la formation des pilotes au Luxembourg. Elle contribue à préserver les compétences et constitue ainsi un élément important du secteur aéronautique luxembourgeois.
En même temps, la Fédération reconnaît que des règles claires et une bonne coordination entre l’aviation commerciale et l’aviation générale sont nécessaires au Findel, afin de garantir la sécurité.
Dans la discussion sur l’avenir de l’aviation, il ne s’agit pas d’opposer l’aviation commerciale à l’aviation générale, mais de préserver un écosystème aéronautique équilibré et cohérent. Dans ce contexte, l’avenir de l’aérodrome de Noertrange joue également un rôle, ce site ne pouvant actuellement être utilisé que pour la pratique du parachutisme.
Les autres avions n’y sont pas autorisés à atterrir. La Fédération salue, dans ce contexte, les discussions en cours avec l’État et le ministère des Transports concernant une éventuelle réactivation du site.
La FAL plaide pour un débat objectif, fondé sur des faits et sur les besoins réels des utilisateurs.
Les pilotes ne tombent pas du ciel, critique l’Aircraft Owners and Pilots Association Luxembourg (AOPA Luxembourg), l’association des propriétaires d’avions et des pilotes. Celle-ci s’oppose aux projets qui pourraient restreindre ou marginaliser l’aviation générale au Findel.
Selon l’association, l’aéroport est de plus en plus orienté vers le trafic commercial de fret et la cohabitation entre les différentes activités aériennes devient toujours plus difficile.
L’AOPA souligne, à l’instar de la Fédération aéronautique luxembourgeoise (FAL), que l’aviation générale est essentielle pour la formation des pilotes et pour l’avenir de l’ensemble du secteur aérien, de nombreux pilotes professionnels faisant leurs premiers pas dans les aéroclubs et les écoles de pilotage. Selon elle, un affaiblissement de ce secteur pourrait également avoir des conséquences négatives pour l’aviation commerciale.
En outre, l’association critique le fait que le débat se focalise trop sur les petits avions, tandis que les opérations de fret de grande envergure et leur impact sont moins souvent évoqués. S'il est question de nuisances et de sécurité, il faudrait également prendre en considération le trafic de fret de Cargolux et ses gros porteurs Boeing 747, qui jouent dans une catégorie bien supérieure, tant en termes de consommation de carburant, de poids que d’intensité d’activité.
Comme alternative, il est suggéré qu’une plus grande partie de la croissance du trafic pourrait éventuellement être transférée vers d’autres aéroports, par exemple l’aéroport Lorraine Metz-Nancy, afin de mieux répartir les capacités du Findel. En effet, 42 % des clients de LuxairTours seraient des résidents français.
L’AOPA demande que le Findel demeure un aéroport accueillant une diversité d’activités aériennes et ne soit pas orienté exclusivement vers le trafic commercial. Selon l’Association des propriétaires d’avions et des pilotes, l’aéroport de Luxembourg n’appartient ni à une seule compagnie aérienne ni à un modèle économique unique.