CaniculeLes hôpitaux ne sont pas saturés, mais confrontés à certains défis

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
En effet, à l'intérieur des bâtiments, il fait par endroits extrêmement chaud, ce qui représente une épreuve aussi bien pour les patients que pour le personnel.
© MH

Depuis plus d’une semaine, les températures dépassent les 30 degrés au Luxembourg et atteignent souvent même plus de 35 degrés. Une telle période de canicule représente non seulement une contrainte pour l’environnement, mais aussi pour le système de santé. Même si le Luxembourg s’en sort jusqu’à présent relativement bien, des améliorations restent possibles.

Jusqu’à présent, aucune surmortalité liée à la chaleur n’a été constatée, explique Jean-Claude Schmit, directeur de la Santé. Une augmentation de l’activité dans les services d’urgence est certes observée, mais la situation n'est pas exceptionnelle. Néanmoins, les hôpitaux du pays se sont organisés ces derniers jours afin de pouvoir prendre en charge davantage de patients. "Chez nous, les hôpitaux assurent les gardes à tour de rôle. À Luxembourg-ville, par exemple, nous avons deux hôpitaux qui travaillent alternativement la nuit. Dans le Sud, nous avons un hôpital de garde, et un autre dans le Nord. Ils s’organisent naturellement de manière à pouvoir absorber un afflux supplémentaire de patients. Surtout ces derniers jours, où de nombreux événements avaient lieu dans la capitale, davantage de personnel était mobilisé dans les services d’urgence."

Si la situation est restée relativement calme jusqu’à présent, cela pourrait s’expliquer par le fait que les personnes parviennent encore à tenir quelques jours, leurs réserves physiques ne s’épuisant que plus tard. Les Hôpitaux Robert Schuman, par exemple, s’attendent à une charge de travail plus importante ce week-end. Des patients ont toutefois déjà été pris en charge en raison de la chaleur, mais ils ne présentaient pas nécessairement les problèmes classiques, comme un coup de chaleur. Le directeur médical des Hôpitaux Robert Schuman, Claude Braun, cite quelques exemples :

"Il peut tout aussi bien s’agir d’un accident vasculaire cérébral, d’un infarctus ou de patients souffrant d’une décompensation cardiaque. Bien sûr, certains ont également des difficultés à respirer, des problèmes de tension artérielle, une baisse de la pression sanguine, ils ont du mal à rester debout. Ce que nous avons beaucoup observé, c’est que certaines personnes sont extrêmement déshydratées. Cela signifie qu’elles n’ont plus suffisamment de liquides dans l’organisme : elles ont perdu beaucoup de liquide, mais seulement par la transpiration, parfois en combinaison avec une autre maladie, et n’ont pas réussi à compenser ces pertes en buvant suffisamment."

Ces températures élevées ne constituent pas seulement une épreuve pour les patients, mais aussi pour le personnel hospitalier. Aux Hôpitaux Robert Schuman, les collaborateurs disposent certes d’une tenue de travail plus légère, mais lorsque la chaleur atteint certains niveaux, cela ne suffit plus vraiment. Dans les locaux du Kirchberg, les températures dépassent actuellement parfois les 30 degrés.

Pour Christian Kirwel, directeur des soins aux Hôpitaux Robert Schuman, il est indispensable de mettre en œuvre des solutions architecturales et techniques. Selon lui, ces aspects doivent être pris en compte dès la conception de nouveaux bâtiments.

"[Dans les nouveaux bâtiments], nous prévoyons évidemment d’installer des plafonds rafraîchissants, ce qui devrait très probablement réduire les problèmes liés à la filtration. Je dis 'très probablement' parce que nous n’avons pas encore beaucoup d’expérience dans ce domaine. Nous en avons à certains endroits, la température est abaissée de 5 à 6 degrés par rapport à la température extérieure, ce qui est déjà appréciable. Un système de climatisation est évidemment beaucoup plus efficace, mais il nécessite une filtration, une maintenance régulière et le remplacement des filtres à intervalles suffisamment rapprochés."

Mais des mesures plus rapides à mettre en place sont également à l’étude. Il est ainsi actuellement envisagé d’acquérir des appareils mobiles. Christian Kirwel souligne cependant les coûts supplémentaires qu’entraîne l’adaptation des bâtiments hospitaliers. Dans ce contexte, les hôpitaux espèrent bénéficier d’un soutien financier supplémentaire de la part de l’État.

Le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit, se montre quant à lui tout à fait ouvert à l’installation de davantage de systèmes de climatisation dans les hôpitaux à l’avenir, même si, par le passé, des préoccupations avaient été soulevées en raison de questions liées à l’hygiène.

Back to Top
CIM LOGO