
Après un premier volet de la "Sonndesfro" consacré à la nouvelle répartition des forces politiques au Luxembourg si on votait dimanche, découvrez ce mercredi, le second volet du sondage réalisé par l'institut Ilres sur demande de RTL et du Wort . Il est axé sur six questions d'actualité posées aux électeurs.
Les prix des carburants étaient particulièrement élevés tout l'été au Luxembourg pour voir le diesel culminer à 2,123 euros le 11 septembre et même à 2,16 euros le 16 septembre, soit tout prêt de son record historique. Au point que les frontaliers préféraient faire leur plein en France. Le plein reste une préoccupation majeure au Luxembourg où le gouvernement a réagi début juillet pour donner un "coup de pouce" à tous les automobilistes en instaurant une réduction de 5 centimes sur l’essence et le diesel jusque fin décembre.
Dans notre sondage réalisé entre le 22 septembre et le 2 octobre, 76% des électeurs interrogés sont d'avis que le coup de pouce de 5 centimes par litre devrait être prolongé si les prix des carburants restent élevés. Ce qui est le cas en cette mi-octobre puisque le diesel est toujours affiché à plus de deux euros le litre. C'est dans le nord du pays que la mesure plairait le plus (80% des électeurs), alors que ceux qui vivent dans le centre sont un peu moins emballés (68%).
Les électeurs de tous les partis vont dans le même sens. Dans les grands partis (CSV: 75%; DP et LSAP: 78%), comme à l'ADR (82%), ou dans les plus petits partis (déi Lénk: 74%, Piraten: 92% et même 100% chez KPL). Les électeurs des Verts ne sont que 55% à être favorables au prolongement de la mesure.
Après l'été le plus chaud jamais enregistré au Luxembourg, les stigmates des canicules à répétition et de la sécheresse restent bien visibles. Avec plus de 80% des arbres malades, la forêt luxembourgeoise est en grand danger. Et les sols toujours très secs, font craindre des inondations en cas de fortes pluies. Au point que les autorités viennent de lancer un appel pour avertir les particuliers des risques.
Interrogés par RTL Infos il y a quelques jours, vos réactions ont montré combien l'été caniculaire 2026 a laissé des traces dans les mémoires. “Ça m'a fait du mal de voir la nature cramer”, a témoigné une résidente à notre micro.
Avec ce sondage, le ministre de l'Environnement, Serge Wilmes, est mis sous pression à son tour: 90% des électeurs estiment que l’État devrait investir davantage pour que le pays s'adapte au changement climatique. Un message de végétalisation de la Ville de Luxembourg qui a déjà été reçu à 100% par la bourgmestre, Lydie Polfer. La solution: planter des arbres, créer plus d’espaces verts, renaturer les cours d’eau.
La réponse fait l'unanimité auprès des jeunes, comme des plus anciens. Où qu'ils vivent. Et quelle que soit leur orientation politique. Les électeurs des Verts sont 98% à pousser le gouvernement à agir.
Toujours en lien avec la sécheresse et les chaleurs estivales intenses, de nombreux incendies ont ponctué l'été 2026 en Europe, mais aussi en France (comme le mégafeu en Gironde) ou en Espagne (au nord de Madrid). Mais aussi plus près du Luxembourg, en Rhénanie du Nord-Westphalie ou dans les Fagnes, grande réserve boisée en Belgique où 3.000 hectares sont partis en fumée à la mi-août.
77% des sondés pensent aujourd'hui que l’État luxembourgeois devrait investir dans des hélicoptères ou des avions bombardiers d’eau. Le ministre de l'Intérieur, Léon Gloden a d'ailleurs reconnu, fin août, que le risque d'incendies "a augmenté" au Luxembourg et que le gouvernement planchait sur plusieurs pistes pour se prémunir des risques d'incendie de végétation à l'avenir. Le ministre avait alors assuré que "des échanges sont en cours entre le CGDIS et la société Aquarius Aerial Firefighting" (filiale de Cargolux) pour finaliser une convention opérationnelle pour l'intervention d'avions bombardiers d'eau.
Les électeurs y sont donc largement favorables. Notamment les jeunes de 18 à 24 ans (82%), tout comme leurs aînés (65 ans et plus) qui souscrivent à 81%.
Depuis juillet et le renforcement de la loi sur le "Platzverweis", la police luxembourgeoise peut éloigner les fauteurs de troubles par la force si besoin, pendant 48 heures, voire durant 15 jours. L'idée de multiplier les caméras de surveillance à Luxembourg-Ville et à Esch-sur-Alzette pour renforcer la sécurité dans les quartiers sensibles, fait à nouveau la Une cet automne.
Dans les villes, les commerçants et clients se plaignent d’incivilités et décrivent un sentiment d’insécurité grandissant. Installée depuis 33 ans au cœur du quartier historique, une bijoutière rencontrée par RTL Infos estime que la situation est telle qu'elle modifie jusqu'aux habitudes des employés, des clients, mais impacte aussi l’image de la capitale: "Mes employées n’osent plus porter leurs bijoux", avait-elle confié.
Une écrasante majorité d'électeurs, soit 87% des sondés, pensent que les institutions (État, police et justice) devraient être beaucoup plus strictes à l’égard des fauteurs de troubles dans les villes luxembourgeoises, en général.
Cette demande émane avec la même vigueur de toutes les tranches d'âge et quelle que soit la région où l'on est établi. Les électeurs du CSV (parti dont est issu le ministre de l'Intérieur) sont 93% à réclamer un tour de vis supplémentaire. Ceux du DP sont 91%. Ce qui conforte Léon Gloden dans ses position et la bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer, dans ses demandes répétées... depuis dix ans. Ceux de l'ADR sont même 96%.
Que ce soit en France, en Belgique ou en Allemagne, l’immigration est régulièrement au centre des débats électoraux. La politique d'immigration, le contrôle des flux migratoires, le droit d'asile, la préférence nationale, etc. sont des sujets qui agitent les débats.
Secoué récemment par une vaste affaire d’immigration illégale, le Luxembourg a vu les chiffres de l'immigration baisser depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement CSV-DP. "Au sein du gouvernement, nous avons intensifié les retours. Il y a davantage de retours volontaires qu'auparavant. Il y a aussi eu des retours forcés", a expliqué le Premier ministre Luc Frieden en juillet à notre micro. Au Luxembourg, dont près de la moitié de la population est étrangère, l'immigration a-t-elle atteint "une limite"? avait interrogé RTL Infos les résidents croisés dans les rues.
Ce sondage révèle que 60% des électeurs pensent qu'il faudrait davantage limiter l’immigration dans les années à venir. Le sujet divise clairement les électeurs. Ceux de l'ADR (90%) et de déi Konservativ (89%) y sont très favorables. Les électeurs du CSV veulent à 69% voir l'immigration être plus limitée, ceux du DP sont 60%. Les électeurs du LSAP sont plus partagés, 49% sont contre une limitation de l'immigration, 45% sont pour et 6% sont indécis. Les électeurs des Verts sont contre à 55%. Et ceux de déi Lénk (65% contre).
Les plus jeunes (18-24 ans) ne sont que 47% à le penser, tandis que les 55-64 ans sont 66%. Il y a de grandes différences aussi selon les régions dans lesquelles vivent les sondés. Les électeurs du nord estiment à 64% qu'il faudra limiter davantage l'immigration dans le futur. Ceux du sud ne sont que 54% à le penser.
Au 31 mars, 160.116 Luxembourgeois étaient domiciliés à l'étranger. Ce qui représente 30,2 % de l'ensemble de la population luxembourgeoise, a calculé la Chambre des députés. Et près de 77% d'entre eux sont majeurs. Bien qu'ils vivent hors des frontières du pays et même s'ils n’ont jamais vécu au Luxembourg, ils peuvent voter aux élections législatives.
La Chambre des députés planche actuellement sur le droit de vote des expatriés dans le cadre des travaux sur la réforme de la loi électorale.
Le résultat de notre sondage est clair: 65% des électeurs sont contre le fait que leurs compatriotes qui vivent à l'étranger puissent voter au Luxembourg sans y vivre. Une position partagée par toutes les classes d'âge, mais aussi par la plupart des électeurs, tous partis confondus (CSV, DP,LSAP, ADR, etc.) Seuls chez les Verts 49% sont contre et 46% sont pour.
Ce sondage a été réalisé entre le 22 septembre et le 2 octobre 2026 par téléphone et en ligne auprès de 1.829 personnes en âge de voter. 1.149 interviews ont été faites par téléphone. 680 interviews ont été faites sur internet.
Retrouvez tous les détails sur le site de l'Autorité luxembourgeoise indépendante de l'audiovisuel Alia.lu.
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