
"La végétalisation de la ville est une priorité absolue, et ce n’est pas le cas depuis hier, mais depuis très longtemps", a affirmé jeudi matin sur RTL la bourgmestre de la Ville de Luxembourg, après que ce sujet a été largement discuté ces dernières semaines à la suite de la canicule. La Ville de Luxembourg a présenté mercredi son nouveau concept de végétalisation. Selon elle, il ne s’agit pas d’une nouveauté, mais simplement de la poursuite d’une politique menée depuis déjà plusieurs années.
C’est pourquoi bon nombre des sept projets prioritaires présentés – comme la renaturation de la Pétrusse – avaient déjà été lancés depuis longtemps. Lydie Polfer souligne qu’il ne s’agit pas uniquement de planter davantage d’arbres, mais d’adopter une approche plus globale d’adaptation au changement climatique.
Outre les épisodes de chaleur extrême, les fortes pluies et les inondations doivent également être prises en compte dans la planification. Ce nouveau concept est destiné à servir de plan à long terme, qui sera progressivement intégré à tous les grands projets de développement. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’aucun calendrier précis n’a pu être fixé.
Répondant aux critiques selon lesquelles des lieux comme la place de Paris, la place Guillaume II (Knuedler) ou encore l’Hamilius resteraient des îlots de chaleur, Lydie Polfer explique qu’il existe à ces endroits des contraintes techniques et urbanistiques. Sur le Knuedler, par exemple, le parking souterrain empêche la plantation d’arbres.
Par ailleurs, une ville a également besoin d’espaces ouverts pouvant accueillir des manifestations et des événements, estime la députée-maire de la capitale.
Concernant la place de Paris, la bourgmestre renvoie à la participation citoyenne, les riverains ayant été associés au projet. À l’issue de cette consultation, le choix s’est porté sur une place ouverte avec des jeux d’eau, plutôt que sur une végétalisation plus importante.
Un autre sujet majeur abordé a été la situation dans le quartier Gare. La bourgmestre de Luxembourg-Ville partage les critiques formulées par les deux élues DP également commerçantes, Anne Kaiffer et Barbara Agostino. Les problèmes de sécurité et d’hygiène à la Gare persistent depuis des années et ne sont tout simplement plus supportables.
La bourgmestre fonde désormais tous ses espoirs sur le "Platzverweis" renforcé, la mesure d'injonction d'éloignement adoptée mercredi après-midi à la Chambre des députés. Celle-ci devrait enfin donner davantage de moyens à la police pour agir contre les personnes ayant un comportement problématique.
Elle souligne toutefois qu’il ne s’agit pas d’une solution à tous les problèmes, mais d’un outil supplémentaire.
De nombreux locaux commerciaux sont vacants à Luxembourg-Ville. Dans l’avenue de la Gare, dans le quartier Gare à Luxembourg-Ville, environ 20 % des surfaces commerciales sont inoccupées.
À ce sujet, Lydie Polfer met en avant l'initiative de la Ville de Luxembourg consistant à utiliser temporairement les locaux commerciaux vides sous forme de pop-up stores. "Bien sûr à un prix bien inférieur à celui que les propriétaires demandent sur le marché privé", explique la bourgmestre de Luxembourg-Ville.
Selon elle, on a tendance à toujours se concentrer sur les nombreux commerces vacants, alors que de nouveaux établissements ouvrent également régulièrement : "Il y en a tellement de nouveaux qui se sont installés, et j’ai la liste : il y en a presque autant qui arrivent que de ceux qui partent. Je pense que, comme on dit : le commerce, c’est le changement !"
La question d’une éventuelle taxe sur les logements et locaux commerciaux vacants a également été abordée jeudi matin. Lydie Polfer n’a pas souhaité prendre clairement position sur le sujet.
Elle souligne qu’il est d’abord nécessaire de définir précisément à partir de quand un logement peut être considéré comme vide. Il faudrait en outre déterminer les raisons pour lesquelles un logement n’est pas occupé, par exemple en raison de travaux de rénovation ou d’autres motifs personnels.
Quant à savoir si une taxe constitue le bon moyen pour remettre davantage de logements sur le marché, elle n’a pas voulu se prononcer sur ce point. La bourgmestre de la capitale affirme qu’elle ne prendra une décision que lorsque tous les éléments seront sur la table.
Lydie Polfer a également indiqué qu’elle n’était pas opposée à la création d’un registre national des logements et bâtiments, comme cela avait été écrit dans la presse. Elle a toutefois attiré l’attention sur les difficultés qu’un tel projet impliquerait. Autrement dit, si un tel registre devait voir le jour, ce serait une bonne chose, mais aussi un véritable travail de Sisyphe.
La députée-maire a rappelé que depuis 2014, la Ville de Luxembourg a commencé à numériser l’ensemble des autorisations de construire. En 2011, la Ville avait également réalisé un cadastre visant à recenser les logements inoccupés, une opération qui avait coûté près de 500.000 euros.
"Et qu’est-il advenu de celui-ci ? Les tribunaux nous ont indiqué qu’il n’était pas valable, que nous ne pouvions pas utiliser les données que nous avions recueillies, pour des raisons liées à la protection des données personnelles", a ajouté Lydie Polfer.
Selon Lydie Polfer, il existe également d’autres moyens de déterminer pourquoi un logement est inoccupé. L’État dispose de nombreuses données qui pourraient être utilisées pour identifier ce type de situation.
"L’État dispose de toutes les données nécessaires pour savoir qui est propriétaire de quoi. Le cadastre, les propriétaires, l’impôt foncier : l’État a tout, il sait tout cela. Il dispose aussi des déclarations d'impôts. Or, dans la déclaration, chacun doit indiquer ce qu’il perçoit comme revenus ou, ce qu’il ne perçoit pas", a déclaré la bourgmestre de Luxembourg-Ville.