
Cinq collaborateurs de la Direction de l'Immigration ont été suspendus de leurs fonctions. Trois d’entre eux avaient déjà été suspendus par le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, en avril 2025, lorsqu’une première perquisition avait eu lieu dans les locaux de la Direction de l’Immigration. L’un d’eux avait été placé en détention provisoire. C’est ce qu’a indiqué Léon Gloden dans d’une interview accordée à RTL. Il a également précisé que c’est en avril 2025 qu’il avait été informé de cette affaire pour la première fois. La Direction de l’Immigration avait elle-même dénoncé les faits en janvier 2023.
Le parquet a en effet révélé mardi l’existence d’une vaste affaire d’immigration illégale, alors que de nouvelles perquisitions étaient menées le même jour simultanément à la Direction de l’Immigration, au ministère de l’Enseignement supérieur, dans plusieurs entreprises ainsi qu’au domicile de particuliers. À la suite de ces développements, Léon Gloden a suspendu deux autres employés mardi.
Le parquet avait indiqué mardi qu’une enquête était en cours depuis l’été 2023 pour des soupçons de corruption, trafic d’influence, blanchiment d’argent, faux, fraude aux subventions, trafic d’êtres humains et infractions à la loi sur la libre circulation des personnes et l’immigration. Selon le parquet, environ 200 ressortissants de pays tiers sont entrés illégalement sur le territoire sur la base de documents falsifiés et ont perçu des prestations sociales.
Léon Gloden a précisé qu’il s’agissait du département "Ressortissants de pays tiers", et que l’affaire ne concernait donc pas les demandeurs d’asile.
"Lorsqu’une personne originaire d’un pays tiers, c’est-à-dire d’un pays qui n’est pas membre de l’Union européenne, souhaite venir travailler au Luxembourg — prenons l’exemple d’un artisan —, elle doit présenter un diplôme. Ce diplôme fait l’objet d’une reconnaissance d’équivalence par le ministère de l’Éducation. Nous délivrons ensuite un titre de séjour sur cette base. Lorsque les diplômes proviennent d’un pays tiers dont nous ne connaissons pas la langue, ils sont naturellement traduits, très souvent par un traducteur agréé. Si une personne issue d’un pays tiers vient travailler au Luxembourg avec un diplôme universitaire requis pour l’emploi concerné, ce diplôme est alors homologué par le ministère de l’Enseignement supérieur."
Le parquet a également regretté mardi que les règles en matière de protection des données ne fournissent pas de base juridique permettant de communiquer aux autorités et administrations concernées l’identité des fraudeurs. Léon Gloden a déclaré comprendre cette préoccupation.
"Nous disposons évidemment d’un cadre juridique en matière de protection des données, mais il arrive que cette protection des données nous mette des bâtons dans les roues lorsqu’il s’agit de lutter contre la criminalité".
Le parquet a également regretté mardi que, en raison des règles relatives à la protection des données, il ne dispose d’aucune base juridique lui permettant de communiquer l’identité des fraudeurs aux autorités et administrations concernées. Léon Gloden a déclaré comprendre cette préoccupation.
"Nous disposons évidemment d’un cadre juridique en matière de protection des données, mais il arrive que cette protection des données nous mette des bâtons dans les roues lorsqu’il s’agit de lutter contre la criminalité".
C’est pourquoi, il y a deux semaines, le conseil de gouvernement a retenu le principe de l’"approche administrative", afin de permettre aux administrations d’échanger des données.
"Et une plateforme est actuellement en cours d'élaboration entre plusieurs ministères, où différents exemples seront pris. L’objectif est d’identifier les limites auxquelles nous sommes confrontés et les points qui doivent être améliorés. Car il est clair que la protection des données repose sur une loi. Si nous voulons assouplir ce cadre légal, et je pense que nous devons le faire, je soutiens à 100 % le parquet dans cette idée, il faudra alors adapter la législation en ce sens."
Léon Gloden a également proposé à la Chambre des députés la tenue, mardi prochain, d’une réunion de la Commission des Affaires intérieures afin de répondre aux questions des députés.