À BordeauxLe Grand-Duc Guillaume a frappé la première pièce à son effigie

Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
Un petit morceau de l’histoire luxembourgeoise s'est écrit à Bordeaux lundi. À la Monnaie de Paris, à Pessac, le Grand-Duc Guillaume a personnellement frappé la toute première pièce en euro luxembourgeoise à son effigie.
© RTL

Ainsi, une époque s’achève après plus de 20 ans : depuis l’introduction de l’euro en 2002, c’était en effet toujours le Grand-Duc Henri qui figurait sur les pièces luxembourgeoises.

Les nouvelles pièces devraient désormais être mises progressivement en circulation au Luxembourg à partir du 13 juillet.

Zone de haute sécurité pour les pièces luxembourgeoises

La production a lieu dans une usine de haute sécurité à Pessac, près de Bordeaux. C’est là que la Monnaie de Paris fabrique des pièces depuis 1973, de la première plaque métallique jusqu’à la monnaie entièrement emballée.

Chaque année, environ un milliard de pièces destinées à la circulation y sont produites. Environ 600 millions sont destinées au marché français. Le reste est exporté vers d’autres pays de l’Union européenne, voire vers certains États d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Les mesures de sécurité y sont strictes : à l’entrée comme à la sortie, la masse magnétique des employés et des visiteurs est contrôlée afin de s’assurer que personne ne quitte l’usine avec des pièces dans ses poches. Certaines machines peuvent produire jusqu’à 800 pièces par minute.

Le profil gauche du Grand-Duc Guillaume

Les nouvelles pièces luxembourgeoises ont été conçues par la designer italienne Chiara Principe. Le portrait du Grand-Duc Guillaume est basé sur des photographies fournies par la Maison du Grand-Duc.

Un détail particulièrement remarquable : c'est le profil gauche du Grand-Duc Guillaume qui orne les nouvelles pièces, contrairement à son père, dont il s'agissait du profil droit. Cela correspond à une longue tradition lors des changements de règne.

Pour le ministre des Finances, cette nouvelle pièce est également un symbole de l’attachement du Luxembourg à l’Europe et à la monarchie.

Les espèces restent importantes

Malgré la multiplication des moyens de paiement numériques, les espèces restent importantes. C’est également ce que confirment les responsables de la Monnaie de Paris.

"Quand il y a un conflit, les gens se rabattent sur de la monnaie physique", explique Fabrice Bonneau, directeur industriel à Pessac. Selon lui, en période de crise, les citoyens ont tendance à recourir davantage à l’argent liquide.

Le ministre luxembourgeois des Finances partage ce constat : "Chaque fois qu’il y a une crise, les gens veulent avoir des espèces chez eux afin de pouvoir continuer à payer en liquide si quelque chose tombe en panne", déclare Gilles Roth.

Le Luxembourg reste par ailleurs fidèle à l’intégralité du système de l’euro : les pièces de 1 et 2 centimes continueront elles aussi d’être produites.

"Nous ne voulions pas nous éloigner des moyens de paiement traditionnels", souligne le ministre. Même si les plus petites pièces deviennent peut-être de plus en plus symboliques, elles font toujours partie, pour le Luxembourg, de l’ensemble du système monétaire de l’euro.

Les nouvelles pièces à l’effigie du Grand-Duc Guillaume seront donc progressivement mises sur le marché à partir du 13 juillet. Les anciennes pièces arborant le portrait du Grand-Duc Henri ne disparaîtront toutefois pas immédiatement. Elles resteront en circulation et pourront continuer à être utilisées partout à l’avenir.

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