
Dans un avis publié mardi, elle remet en question la nécessité et la proportionnalité du dispositif envisagé, alors que la Ville d’Esch souhaite étendre la zone déjà surveillée autour de la gare.
Pour la CCDH, plusieurs éléments essentiels manquent encore pour justifier une telle extension. La base légale ne serait pas suffisamment précise sur certains aspects, notamment en ce qui concerne les technologies utilisées et la possibilité d’une détection automatisée de situations. Les informations fournies ne permettraient pas de déterminer clairement si les caméras supplémentaires répondent à un besoin réel et documenté.
Les statistiques policières ne convainquent pas non plus la commission. Elle souligne que la criminalité a reculé de plus de 17% entre 2024 et 2025, un recul que l’analyse attribue elle-même à l’introduction de la police locale à Esch. Dans ce contexte, la CCDH estime que l’argument sécuritaire avancé pour justifier de nouvelles caméras doit être réexaminé avec davantage de rigueur.
L’avis insiste également sur la nécessité d’évaluer l’efficacité réelle de la vidéosurveillance existante. Avant d’étendre le dispositif, il faudrait déterminer comment la nouvelle zone interagirait avec celle déjà en place autour de la gare, et si cette extension apporterait une valeur ajoutée concrète en matière de prévention ou d’enquête.
La CCDH appelle donc le ministre compétent à revoir plus en profondeur la justification du projet. Elle demande une analyse complète, fondée sur des données solides, afin de s’assurer que la vidéosurveillance reste un outil proportionné et respectueux des droits fondamentaux. Pour la commission, une telle décision ne peut être prise sans une évaluation transparente et exhaustive.