"Ça ne vaut plus le coup"Ces frontaliers ont délaissé les stations-service du Luxembourg

Nathan Muller
Affiché à 2,16 euros aujourd’hui au Grand-Duché, le diesel est proche de son record historique, qui s'élève à 2,18 € euros. Certains frontaliers préfèrent désormais faire leur plein en France, malgré la différence de tarif entre les deux pays.

Ah, le Luxembourg ! Le paradis des frontaliers lorsqu'il s'agit d'y faire de grandes économies en matière de carburant. Enfin, plus vraiment maintenant... La question se pose réellement, avec des prix qui ont grandement flambé au Grand-Duché ces dernières semaines. On compte vingt à trente de centimes d’écart entre les deux pays pour le diesel. "Ça ne vaut plus le coup aujourd’hui. Avant, j’y allais parce qu’il y avait une grande différence, mais maintenant l’écart s’est réduit donc je fais mon plein en France”, explique Laura, qui est venue s’approvisionner dans une station à Thionville. 

Pour beaucoup, c’est la distance pour se rendre au Grand-Duché qui les freine. “Ce n’est pas la peine de faire 50 kilomètres aller, puis retour pour aller là-bas. Le peu qu’on gagne, on le perd ensuite”, raconte Christian. “En général après le lycée, je n'ai pas le temps de passer au Luxembourg puisque c’est à ce moment-là qu’il y a les bouchons. Si j’y suis de passage, je fais le plein mais sinon je ne ferais pas la route”, nous dit Liam, jeune conducteur. Pourtant, dans cette station en banlieue de Thionville, le gazole était affiché à 2,46 euros aujourd’hui.

Des économies avant tout

Certains sont prêts à s’affranchir de la distance pour faire des économies. Avec un diesel 20 centimes moins cher, vous gagnerez 8 euros sur 40 litres. “J’étais sur la réserve, donc j’ai juste mis dix euros pour aller faire mon plein au Luxembourg demain”, raconte Thierry, peu découragé par les hausses de prix au Grand-Duché. Même chose pour Houria : “Mon mari va faire le plein au Luxembourg les week-ends quand il travaille, le litre reste beaucoup plus avantageux là-bas qu’ici.

Les grands perdants sont ceux qui utilisent leurs véhicules comme outil de travail. Marie gère une société d’aide à domicile, et n’a pas d’autre choix que de faire son plein en France. “C'est aberrant les prix. Nos auxiliaires de vie ont de plus en plus de mal à faire le plein avec le prix de l’essence aujourd’hui. Et malheureusement, elles ne peuvent pas toujours aller au Luxembourg.

Trouver des alternatives à la voiture

Le meilleur moyen de faire des économies avec sa voiture... c’est tout simplement de la laisser au garage ! Liam prend le bus tous les jours pour aller au lycée, et évite de prendre sa voiture. Mais lorsqu'on exerce certains métiers, c’est mission impossible. “Je suis obligée de limiter mes rendez-vous en voiture, j’en suis arrivé là. Si ça continue comme ça, je ne pourrai plus travailler. Je pourrais passer en télétravail, à la limite...”, déplore Marie.

Fini également les petits trajets du quotidien. Il faut maintenant se cantonner à l’essentiel. “Je délaisse un peu la voiture. Il y a des déplacements que, maintenant, je ne fais plus”, explique Laura. L’un des meilleurs moyens pour économiser est aussi de réduire son allure sur les routes, chose que fait déjà Willy. “On fait attention oui. Je ne suis pas quelqu’un qui roule vite de toute façon ! ” rigole-t-il. Il a fait le choix de délaisser sa voiture et de privilégier la marche pour se rendre au travail.

La plus grosse interrogation pour le moment reste le prix du gazole au Luxembourg : va-t-il battre le record historique de 2,18 €, atteint en avril 2026 ? Réponse, peut-être, dans les prochains jours...

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