La théorie du “grand remplacement” semble s’être arrêtée à la frontière franco-luxembourgeoise. Pourtant, ce petit pays dont près de la moitié de la population est étrangère, pourrait être gagné par cette thèse d’extrême droite selon laquelle la population européenne va être graduellement remplacée par une population non européenne.
En prélude à un épisode de l’émission Cosmopoly sur le sujet, RTL Infos est allé tendre son micro aux résidents afin de savoir quel était le secret du Luxembourg pour échapper aux commentaires politiques les plus outranciers.
Du côté des personnes de nationalité luxembourgeoise, on semble avoir intégré l’idée que les résidents étrangers, tout comme les frontaliers, contribuent à la prospérité du pays. Un jeune homme développe : “En fait, on n'a pas grand choix. On est vraiment dépendant des frontaliers pour que tout fonctionne. En vérité, c'est une chance.”
Du côté de ce couple, on accepte la diversité mais on redoute un point de saturation : “On a quand même des problèmes, même si on ne les voit pas [...] Naturellement, le Luxembourg, vu de dehors, c'est un pays riche qui peut tout accepter. Dernièrement, avant ce gouvernement-ci, on avait un mouvement socialiste et surtout Jean Asselborn qui était très ouvert envers les immigrants. Et à mon avis, on a freiné quand même, parce qu’à un moment, on arrive quand même à une limite [...] On a la tripartite et c'est là, à mon avis, le succès du Luxembourg, parce qu'on arrive à éviter les émeutes, comme en France, en Belgique ou en Allemagne par exemple.”
Nous avons également croisé des étrangers du Luxembourg, et ceux-là s’épanouissent au Grand-Duché :
“Moi, personnellement, je suis italienne et polonaise, mais je suis née ici et je trouve que la diversité, c'est super important. Justement, ça ajoute de la culture au pays. C'est vraiment un sentiment spécial d'être ici et de se sentir à la maison, qu’on soit italien, polonais, français, allemand… C'est quelque chose que tous les pays n'ont pas. En 19 ans que je vis ici, je me suis toujours sentie en sécurité et la bienvenue.”
“Moi, j'ai habité en France, en Suisse, je suis originaire de Turquie, et du coup, quand je compare à tous ces pays, il y a une énorme différence en matière de qualité de vie qu'on trouve au Luxembourg. Je pense que c'est ça qui attire plutôt les gens, qui assure cette diversité [...] J'apprécie beaucoup d’être là, mon mari également. Et on pense vraiment fonder notre famille au Luxembourg grâce à toute cette qualité que le Luxembourg nous offre. On travaille ici, on paye les taxes, on essaye de respecter le pays en fait, mais il faut que ce pays nous assure aussi un bon fonctionnement.”
“Moi, ça fait 11 ans que j'habite ici. C'est tranquille, ça se passe ici. Parce que même s'il y a beaucoup de nationalités différentes, le climat est bon.”
Du point de vue de ce frontalier qui a accepté de répondre à nos questions, le Luxembourg est une exception : “Je ne sais pas comment expliquer pourquoi ici le nationalisme ne l'emporte pas comme ailleurs, mais le pays est très dynamique, j'ai l'impression qu'il y a du travail pour tout le monde. Je ne sais pas ce qui fait que ça fonctionne. On est tous interdépendants, je pense. Ce qui est sûr, c'est que ça fonctionne et qu'on n'a aucun intérêt à se faire la guerre entre les gens qui arrivent et les gens qui sont déjà là. On n'a aucun intérêt à ce que ça se passe mal. C'est un pays dans lequel tout le monde vit bien, j'espère.”