Le G.A.N.G. de la Belle Étoile à Bertrange prend ses marques depuis près de trois mois. Découverte d'un concept assez inédit au Luxembourg.

Ouvert depuis la mi-septembre, le G.A.N.G. du centre commercial de la Belle Étoile à Bertrange s'est déjà distingué: le chef de son restaurant haut-de-gamme, Morris Clip, qui a quitté le Tempo (le restaurant de la Philharmonie) pour diriger le Specto, s'est attiré les lumières du guide Gault&Millau, il y a un mois. Specto a ainsi été élu "Découverte de l'année" et a hérité d'un 13/20. Son voisin, le Grand Café by Red Beef, qui dispose d'une première adresse à la Place D'Armes, est également entré dans le guide avec un 12/20.

Ces deux restaurants constituent les piliers du G.A.N.G., le foodhall de près de 2.000 m² imaginé par Stéphanie Jauquet, la gérante de l'enseigne Cocottes et des restaurants Um Plateau, Tempo et La Baraque, et son associé dans cette aventure ambitieuse, Salvatore Barberio, le fondateur de l'enseigne Red Beef qui détient également deux adresses en Moselle, dans les centres commerciaux Geric à Thionville et Auchan à Semecourt.

Ces deux piliers que sont le Specto et le Grand Café se tiennent aux côtés de deux autres: le bar Um Plateau, qui trouve ici un alter ego à son adresse du plateau Altmünster, et un food corner (appelé espace G.A.N.G.) de 250 places qui permet de commander directement un plat via notre smartphone dans l'un des huit corners présents: asia, rôtisserie, pasta, pizza, burgers, breakfast, bar à bières et cafés "d'exception".

"L'idée, c'est de proposer trois restaurants différents et trois niveaux de prix différents. On se partage la gestion des enseignes: chaque restaurant a sa propre équipe et on gère en commun nos partenaires. C'est un peu comme une gérance d'immeuble" présente Stéphanie Jauquet, qui détache ainsi le bar Um Plateau de sa réflexion. "Le bar fonctionne le soir, ce qui permet de fermer les trois restaurants à une heure raisonnable."

10.000 clients par semaine, selon les responsables du foodhall

Pour former leur équipe, les deux associés se sont appuyés sur des employés de leurs enseignes existantes. Une centaine de salariés travaille sur le site, la plupart durant quatre journées de 10 heures par semaine afin de leur garantir "plus de confort" de vie. La création du G.A.N.G. a demandé un investissement de près de 10 millions d'euros, assumés en partie par les propriétaires du centre commercial. Derrière cet acronyme, on retrouve quatre mots qui résonnent dans le cœur des deux associés: Générosité Amour Nourriture et Goût.

"Pour que ce projet dure dans le temps, on voulait conserver une certaine indépendance l'un vis-à-vis de l'autre tout en partageant l'amour qu'on a l'un pour l'autre, explique Salvatore Barberio. "Nous avons tous les deux un fort caractère. C'était important qu'on puisse continuer à s'exprimer chacun de notre côté, tout en étant lié." Le gérant du Grand Café contribue ainsi à la proposition du food corner, en s'occupant de la rôtisserie et du coin burgers.

Les racines du G.A.N.G. ont germé durant la période du Covid: "on a travaillé deux ans et demi sur le projet à partir du moment où le propriétaire nous a proposé l'endroit" explique la co-gérante, qui s'est retrouvée face à un défi assez énorme avec Salvatore Barberio. "On s'est d'abord demandés si ce n'était pas trop grand. L'espace fait près de 2.000 m², on n'est pas au centre-ville... Le défi, c'est donc d'attirer les gens chez nous. Mais il s'agit d'un centre commercial historique, qui attire 6 millions de visiteurs par an. On est sur un axe Luxembourg - Belgique très fréquenté." 

L'autre défi, c'est aussi de faire comprendre le concept à ces mêmes clients qui viennent de la galerie commerciale et qui se retrouvent dans une grande "halle aux restaurants". "Ce n'est pas toujours facile à expliquer, c'est vrai, concède Stéphanie Jauquet. C'est pour cela qu'on a mis des hôtesses à leur disposition. On essaie d'être proche d'eux. Ce qui est sympa, c'est qu'on voit ces mêmes clients expliquer ensuite aux autres comment tout cela fonctionne." 

Selon les chiffres communiqués par la gérante, le G.A.N.G. attire 10.000 clients par semaine. "C'est satisfaisant", assure Stéphanie Jauquet. "La clientèle ne vient pas seulement de la galerie marchande, c'était un de nos buts. Et on programme d'ores et déjà des événements d'entreprises pour 2024."