
Après une année 2024 à 3.193 décès, les routes de l’Hexagone ont fait 67 victimes de plus l’an dernier.
Les indicateurs sont également au rouge concernant les blessés graves, dont le nombre est estimé à 16.600, en augmentation de 4,0%, selon le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Au total, ce sont “3.513 vies perdues” sur l’ensemble du territoire national, déplore la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, dans un communiqué.
Dénonçant une “réalité inadmissible”, la ministre pointe du doigt les facteurs comportementaux. Si l’alcool, les stupéfiants et la vitesse restent des déclencheurs majeurs, elle a particulièrement ciblé le “protoxyde d’azote” et son usage détourné.
Ce “gaz hilarant” est à l’origine d’accidents “trop nombreux”, un “fléau que le gouvernement a érigé en priorité d’action” pour 2026 face à des drames souvent “évitables”, selon Mme Vedrenne.
Dans le détail des modes de déplacement, les occupants de voitures de tourisme représentent toujours la part majoritaire des victimes (48%) avec 1.563 tués (+45).
Mais la hausse est particulièrement brutale pour les nouvelles mobilités.
La mortalité des utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPm), telles les trottinettes électriques, explose avec 80 morts, soit 35 de plus qu’en 2024.
Les usagers vulnérables traditionnels sont aussi plus touchés : 501 piétons (+45) et 234 cyclistes (+10) ont perdu la vie.
Seule amélioration notable: la mortalité des deux-roues motorisés recule, avec 691 tués (-29).
L’analyse démographique révèle une rupture inquiétante chez les mineurs, alors que la mortalité des jeunes adultes (18-24 ans) baisse légèrement. Le nombre d’enfants de 0-13 ans tués augmente (+12 décès), tout comme celui des adolescents de 14-17 ans (+41 décès).
Géographiquement, l’insécurité grandit sur les routes hors agglomération (+57 tués) et les autoroutes (+24), tandis que la mortalité recule en ville (-14).