
Le risque d’un « chacun pour soi » en matière de mobilité transfrontalière est clairement dans les esprits.
Au Luxembourg, le sujet est particulièrement sensible. Des dizaines de milliers de frontaliers empruntent chaque jour les autoroutes belges pour rejoindre le Grand-Duché. Une vignette obligatoire, même compensée pour les résidents belges, reviendrait à faire payer uniquement les non‑Belges. Le gouvernement luxembourgeois n’a pas encore réagi officiellement, mais dans les milieux de la mobilité, on redoute déjà une mesure perçue comme discriminatoire. Le précédent allemand de 2019, retoqué par la justice européenne pour les mêmes raisons, est dans toutes les mémoires.
En France, les autorités suivent le dossier sans enthousiasme. Paris craint un impact sur le tourisme et sur les flux transfrontaliers, notamment en direction de Lille et de la côte belge. L’idée d’un tarif à 100 €, plus du double de la vignette suisse, est jugée excessive par plusieurs acteurs du secteur. Les associations d’automobilistes françaises dénoncent déjà une « taxe déguisée » qui frapperait surtout les visiteurs occasionnels.
L’Allemagne, elle, avance prudemment. Berlin rappelle que tout système de vignette doit respecter strictement le droit européen et ne peut pas pénaliser les conducteurs étrangers. Le gouvernement fédéral, échaudé par son propre échec devant la Cour de justice de l’UE, évite pour l’instant toute prise de position trop tranchée.
La Belgique assure vouloir un système simple, harmonisé et non discriminatoire. Mais tant que le prix, les exemptions et les compensations ne seront pas clarifiés, les voisins resteront méfiants. Une chose est sûre : si la vignette belge voit le jour, elle aura des répercussions bien au‑delà de ses frontières.