Vif débat à la Chambre Prix des carburants : le gouvernement va-t-il agir vite ?

Maurice Fick
Alors que les prix flambent à la pompe et pénalisent les ménages les plus modestes, les partis d'opposition ont accusé mardi le gouvernement CSV-DP de ne pas prendre des mesures "immédiatement" et de ne pas mener une politique énergétique plus conséquente. Piqué au vif, Lex Delles, ministre de l'Énergie, s'est défendu face au parlement.
© DOMINGOS OLIVEIRA

Je ne laisserai pas passer les reproches nous accusant de ne rien faire et de ne pas avancer !”, s’est fâché tout rouge Lex Delles, ministre de l’Économie et de l’Énergie, qui s’est senti bien seul mardi en fin de journée à la Chambre des députés face à une pluie de reproches des partis d’opposition. Un après l’autre, ils ont accusé le gouvernement de Luc Frieden de ne pas prendre les devants pour contrecarrer la flambée des prix des énergies au Luxembourg, conséquence immédiate de l’offensive israélo-américaine en Iran qui dure depuis plus de deux semaines et qui n’est pas prête de se terminer.

L’augmentation des prix des carburants est telle que les automobilistes remplissant leur réservoir au Luxembourg, ont bien senti qu’en l’espace de 17 jours seulement, un plein de 50 litres de diesel a augmenté de presque 20 euros !

La hausse des prix des carburants et du fioul domestique, mais aussi du gaz et de l’électricité (contenue pour le moment) liée à la guerre au Moyen-Orient a été, ce mardi, au centre d’une heure d’actualité sollicitée par déi Lénk et saisie par l’opposition pour faire pression sur le gouvernement. Pour protéger dans l’immédiat les consommateurs des effets de cette nouvelle flambée des prix des carburants “liée à la spéculation” -comme souligné par le député David Wagner- mais aussi pour accélérer la transition vers des énergies plus durables et rendre le Luxembourg moins dépendant.

Lex Delles, ministre de l’Énergie: “Je ne pense pas que ce soit le moment de déclencher la panique!”
© Source: screenshot Chambre TV

Les “plus vulnérables sont les plus durement touchés et ceux qui doivent faire le plus d’effort pour passer la fin du mois”, a lancé le député LSAP, Georges Engel. L’ancien ministre du Travail estime que la flambée des prix à la pompe fait qu’”aujourd’hui les gens doivent déjà se rationner et que “si la situation se complique davantage” encore, “les petites entreprises sont menacées”.

Il faut convoquer maintenant les partenaires sociaux avant qu’il ne soit trop tard !”

Aux yeux du LSAP, principal parti de l’opposition, il n’y pas de temps à perdre: “Il faut convoquer maintenant les partenaires sociaux avant qu’il ne soit trop tard ! Il faut une table ronde “Énergies” directement!”, a lancé Georges Engel à Lex Delles sur un ton agacé. Regardant le ministre dans les yeux, il a résumé tout haut un message largement partagé par l’opposition: On a besoin d’un gouvernement qui fait quelque choses et pas qui attend!

Un plafonnement des prix au Luxembourg ? Le ministre répond

Par la voix et une motion déposée par de David Wagner, déi Lénk a plaidé pour une “accélération résolue de la transition énergétique” et réclamé “un plafonnement général des prix des énergies” ou “un crédit d’impôt énergie” déjà évoqué par le ministre de l’Économie.

Estimant qu’un “solide coup est porté à notre économie” et qu’au Luxembourg “on ressent les conséquences de ce conflit” via une hausse de “17% du prix des carburants, de 30% du fioul domestique et de 60% du gaz”, Joëlle Welfring (déi gréng) martèle que cette “réalité concrète” est subie par “ceux qui ont moins”. Elle rappelle “qu’une personne sur cinq au Luxembourg est touchée par le risque de pauvreté”.

Elle lance au ministre de l’Énergie à l’air un peu trop décontracté à son goût: Nous devons nous préparer à cette crise” et “les textes doivent être préparés maintenant!

“Croyez-moi, j’ai travaillé toutes ces dernières semaines sur les pistes possibles”

Piqué au vif, Lex Delles, ministre de l’Énergie, s’est défendu face à ces attaques en lançant: “Croyez-moi, j’ai travaillé toutes ces dernières semaines sur les pistes possibles”. Répondant à ses détracteurs par un “je ne pense pas que ce soit le moment de créer la panique”. Car concrètement “il n’y pas de situation de pénurie” au Luxembourg. Le pays dispose d’une réserve pétrolière de 93 jours.

Il avoue ne pas avoir de boule de cristal et s’inquiète de “ce qui se passera dans une ou deux semaines” si le trafic maritime n’est pas débloqué au détroit d’Ormuz, “mais ce n’est pas le moment de spéculer”.

Si la situation devait devenir critique “je peux vous garantir que le gouvernement prendra des mesures sociales pour contrecarrer” une crise pénalisant les ménages les plus modestes. Pas question donc d’un plafonnement généralisé des prix, mais le gouvernement prendra des mesures socialement ciblées, c’est le message.

Ne serait-ce que pour éviter qu’”on arrive à un rush encore plus grand au Luxembourg”, sous-entendu aux pompes le long des frontières.

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