Lait infantile contaminéUn seul cas d’intoxication à la céréulide recensé à ce jour au Luxembourg

Tim Morizet
traduit pour RTL Infos
En France, deux décès de nourrissons provoquent l’inquiétude. Une intoxication à la céréulide suite à la consommation de lait en poudre contaminé, est suspectée.
© Lucy Wolski / Unsplash

C’est censé être ce qu’il y a de mieux pour les tout-petits. Beaucoup de parents font donc confiance aux aliments pour bébés des grandes marques, souvent dotées d’un logo suisse ou français. Mais ce sont précisément ces entreprises qui se retrouvent actuellement au centre d’un possible scandale international.

Après la découverte par Nestlé fin 2025 d’une première contamination de sa poudre de lait dans une usine aux Pays-Bas, le lait infantile a été rappelé début janvier dans plus de 60 pays, dont le Luxembourg. Les marques Beba, NAN et Alfamino sont notamment concernées. Il s’agit du plus grand rappel de produits de l’histoire de l’entreprise. Une opération provoquée par une suspicion : la céréulide, une substance toxique produite par la bactérie Bacillus cereus, pourrait être présente dans un additif utilisé par plusieurs fabricants.

Des bébés malades et deux décès suspects en France

La situation a pris une autre dimension après le décès en France de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé pour cause de “possible contamination”. Aucun lien de causalité avec l’alimentation pour bébés contaminée n’a encore été prouvé, mais les enquêtes sont en cours. Des cas de nourrissons malades ont également été signalés aux Pays-Bas et en Belgique.

Un cas isolé au Luxembourg - pas d’alerte générale

Au Luxembourg, un seul cas d’intoxication à la céréulide chez un nourrisson a été recensé à ce jour. Les autorités examinent actuellement si cette intoxication est liée au produit lacté. Le bébé est rétabli. La docteure Isabel De La Fuente, pédiatre au Centre hospitalier de Luxembourg (CHL), souligne toutefois qu’aucune hausse des cas d’enfants souffrant de vomissements sévères d’origine inconnue n’a été constatée pour le moment :

Nous n’avons ici au Luxembourg aucune alerte indiquant une augmentation du nombre d’enfants qui vomissent sans raison précise. C’est important. À la clinique pédiatrique, nous n’avons jusqu’à présent eu qu’un seul cas où les symptômes pourraient correspondre à une intoxication. Une enquête est en cours. L’Inspection sanitaire est informée. L’Alva, qui s’occupe de la sécurité alimentaire, est également informée. Le lait est aussi analysé. Mais pour l’instant, cela reste un cas isolé.”

Un fournisseur commun en Chine dans le viseur

Entre‑temps, de nouvelles informations sur l’origine du problème ont été révélées. Plusieurs marques, dont Danone et Lactalis, ont annoncé leurs propres campagnes de rappel. Leur point commun : un additif fabriqué partout par le même fournisseur chinois, l’entreprise Cabio Biotech.

Cette substance est ajoutée au lait en poudre afin de le rapprocher davantage de la composition du lait maternel. En cas de contamination, elle peut toutefois provoquer des symptômes chez des personnes vulnérables, en particulier chez les nourrissons.

Risque faible, mais pas nul

Les symptômes, surtout des vomissements importants, apparaissent généralement entre une demi‑heure et six heures après la consommation. Selon les autorités, le risque est limité, mais il faut rester vigilant, explique Patrick Hau, responsable du Commissariat du gouvernement à la qualité, à la fraud et à la sécurité alimentaires : “Nous partons du principe que le risque est relativement faible, sinon il y aurait bien plus de cas. Mais le risque n’est pas nul. C’est pourquoi tous les produits concernés sont retirés du marché afin d’éviter toute exposition possible.

Selon l’ALVA, l’Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire, le lait pour nourrissons est strictement contrôlé au Luxembourg. “Nous réalisons un grand nombre d’analyses de routine, y compris sur le lait infantile. Par défaut, un contrôle est effectué pour le Bacillus cereus. Au total, cela représente environ 1.400 analyses par an, et jusqu’ici rien d’inhabituel n’a été détecté”, explique Josiane Dahm, inspectrice de la chaîne alimentaire.

S’il devait y avoir un problème avec un produit, les exportations et les ingrédients peuvent être retracés. “Une entreprise française, par exemple, informe les autorités. Les autorités françaises nous informent ensuite via le système d’alerte européen. Via ce système, la communication est transmise à travers tout le réseau européen. Ainsi, nous pouvons nous assurer que les bonnes mesures sont mises en œuvre sur le marché”, indique Claude Scholtes, responsable du Service systèmes d’alerte et de coopération.

Les parents invités à vérifier les numéros de lot

Les produits et les gammes concernés peuvent être consultés à tout moment sur le site officiel Lu-alert.lu.

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