
Il s’agit d’une application financière que beaucoup connaissent sûrement déjà. Elle représente une révolution dans le secteur bancaire. D’où sans doute son nom : Revolut. Au Luxembourg, elle compte déjà 100.000 clients.
Quels sont les avantages et les inconvénients de cette alternative bancaire numérique ? Quelle est son niveau de sécurité ? Comment Revolut est‑elle contrôlée ? Et comment les banques traditionnelles réagissent‑elles face à cette concurrente populaire ?
Revolut a été fondée à Londres en 2015, lors d’une première vague de néobanques, c’est‑à‑dire de banques entièrement numériques. Derrière Revolut, il y a une banque en Lituanie, et c’est de ce pays que provient sa licence bancaire. L’idée, dès le début, était claire : pouvoir ouvrir rapidement en ligne des comptes dans différentes devises et échanger entre devises. Le service a commencé par un compte courant avec une carte de débit Visa ou Mastercard. Aujourd’hui, Revolut est une application financière complète avec une large gamme de services :
- compte courant
- actions
Revolut est aussi populaire auprès des jeunes, parce qu’on peut facilement :
- investir en crypto
- souscrire des crédits
- obtenir des cartes
Les critères pour pouvoir ouvrir un compte sont également relativement basiques. Il suffit de télécharger l’application. Ensuite, tout ce dont vous avez besoin, en principe, c’est d’une carte d’identité valide. Une fois que vous recevez le feu vert, vous pouvez transférer de l’argent en ligne vers votre compte Revolut et commander une carte de débit. Le compte courant est gratuit. Pour d’autres fonctionnalités, par exemple les investissements, il faut souscrire l’un des abonnements. La version Ultra coûte 60 euros par mois.
Les avantages sont donc :
- les virements instantanés pratiquement gratuits entre comptes Revolut
- les virements SEPA gratuits en Europe, y compris vers la Suisse
- le change entre 36 devises
- la possibilité d’avoir des comptes dans plusieurs devises.
Cela s’avère pratique lorsque vous planifiez des vacances dans un pays où l’euro n’est pas utilisé. Vous pouvez alors directement créer un compte dans la devise concernée. Et sur place, plus besoin de se casser la tête avec les conversions.
Comme principal inconvénient de Revolut, une certaine opacité au niveau des frais est souvent évoquée dans les forums économiques et dans la presse. Ce qui est clair : un prélèvement d’argent à un distributeur avec la carte Revolut coûte 2% par transaction. Et pour l’échange de devises par virements, il n’y a pas de frais jusqu’à 1.000 euros, ensuite ils s’élèvent à 0,5 %, et le week‑end à 1 %. Les personnes qui effectuent beaucoup de virements à l’étranger, par exemple vers les États‑Unis, doivent donc s’attendre à des frais.
Un autre inconvénient possible pour les clients luxembourgeois : Revolut possède une licence bancaire européenne en Lituanie. Cela signifie que c’est la banque lituanienne qui fournit les garanties. En cas de problème, il faut donc, en principe, déposer une réclamation en Lituanie.
On ne peut pas dire cela. Une licence bancaire européenne est une licence bancaire européenne. Revolut a elle aussi des obligations. La surveillance de Revolut est assurée par la Banque centrale de Lituanie ainsi que par la Banque centrale européenne. En avril 2025, la Banque de Lituanie a infligé une amende de 3,5 millions d’euros à Revolut en raison de lacunes dans les contrôles anti‑blanchiment. Aucun cas concret de blanchiment d’argent via Revolut n’est toutefois connu à ce jour.
Il est vrai que Revolut avait demandé une licence bancaire au Luxembourg auprès de la CSSF, la Commission de surveillance du secteur financier, il y a quelques années. Mais cette demande a été retirée assez rapidement en 2019. A la Chambre, les députés avaient également débattu à l’époque de savoir si Revolut était réellement conforme aux règles de la fintech. Mais l’entreprise avait changé de plan entre‑temps. Après la Lituanie, quelque chose doit maintenant aussi voir le jour en France. Au Royaume‑Uni, où se trouve son siège, Revolut ne dispose que d’une licence limitée. Les autorités locales ont des inquiétudes concernant la gestion des risques, car Revolut connaît une croissance particulièrement rapide.
La réponse est oui. Et comme ceci n’est pas une publicité pour Revolut : N26 ou Trade Republic proposent une offre numérique similaire. Mais Revolut est de loin celle qui connaît la croissance la plus rapide. En seulement dix ans, l’entreprise a gagné plus de 65 millions de clients, dont 100.000 au Luxembourg. La start‑up vaut désormais 75 milliards d’euros en Bourse, ce qui en fait de loin l’entreprise fintech européenne la plus valorisée.
Et son cofondateur et CEO, le Russe Nik Storonsky, ne cache pas que Revolut veut faire de l’ombre aux banques traditionnelles . Celles‑ci ont clairement du mal à suivre le rythme de cette offre. L’Association des banques luxembourgeoises y voit toutefois une opportunité. Ananda Kautz de l’ABBL : “Si les clients demandent plus, les banques doivent offrir plus. Ouvrir un compte rapidement, réaliser des transactions rapides et sans complications. Cela pousse les banques traditionnelles à rester dynamiques. Elles doivent innover. C’est une concurrence saine.”
D’ailleurs, cinq banques luxembourgeoises proposeront également dès cet été le portefeuille numérique Wero, une sorte de Payconiq pour l’Europe, si l’on veut.
Des experts financiers conseillent de toute façon de ne pas gérer directement l’intégralité de ses finances via Revolut. Il est peut‑être plus sûr de répartir son argent entre solutions traditionnelles et solutions numériques. Et pour être vraiment prudent, vous pouvez toujours garder une petite réserve en liquide sous l’oreiller.