
“J’aimais ma femme et je l’aime toujours”, a déclaré le prévenu mardi devant les juges de la 13e chambre criminelle. Le sexagénaire avait étranglé sa femme en septembre 2023 de ses propres mains.
Finalement, l’homme a montré les émotions que ni les psychiatres, ni les psychologues, ni les enquêteurs n’avaient vues lors de leurs entretiens avec lui. Il devait sans cesse retenir ses larmes. Il a raconté comment, pendant leurs vacances, sa femme lui avait avoué, après 40 ans de relation, qu’elle avait rencontré un autre homme. “C’est là qu’elle m’a dit que, les douze dernières années, elle avait eu le sentiment que nous vivions en colocation”, a expliqué l’accusé. Elle ne lui avait jamais laissé entendre cela auparavant. Il avait été choqué par cet aveu. Sa femme n’aurait plus été la même personne ensuite : elle se serait distanciée de lui, serait devenue froide et distante.
Une semaine après cet aveu, dans la nuit du 29 septembre 2023, sa femme était rentrée à la maison après un dîner. Sans raison, son mari l’avait alors attaquée. “Je me retourne et je lui donne un coup de poing en plein visage… juste comme ça…”, a raconté l’homme. Immédiatement après, il l’avait étranglée à mains nues. Pourquoi ? Il dit ne toujours pas pouvoir l’expliquer. Le même jour, il était allé cacher le corps dans la forêt près de Consdorf et avait tenté de dissimuler le crime, par exemple en se débarrassant de vêtements. Le lendemain, il était allé déposer un avis de disparition avec ses deux enfants adultes.
Lors de l’audience de ce mardi, le prévenu, aujourd’hui âgé de 66 ans, a toutefois insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il n’avait pas prémédité le meurtre. “Je ne comprends toujours pas aujourd’hui comment un être humain peut faire une chose pareille. Surtout quelqu’un comme moi”, a-t-il déclaré. Selon lui, tout s’était déroulé comme dans un film. Mais l’enquête a révélé des éléments remettant en question sa version selon laquelle l’acte n’avait pas été préparé. Lors de son interrogatoire par la police, il avait déclaré que la veille du meurtre, il était allé repérer un emplacement dans la forêt et qu’il avait acheté dans un magasin de bricolage des sacs, des gants et une combinaison de peintre, au cas où il ferait “une bêtise” un jour. Lors de l’audience, le prévenu n’a rien voulu savoir de tout cela. Son avocate, Maître Lynn Frank, a également estimé que l’achat de ces objets ne prouvait pas que le meurtre avait été planifié.
La procureure a souligné dans son réquisitoire, que les psychologues et les psychiatres avaient indiqué dans leurs rapports que l’homme n’avait montré aucun réel regret pour son acte et que ce qui l’affectait le plus était de se retrouver seul. Les experts n’ont pas pu exclure non plus la possibilité qu’il puisse recommencer dans une situation similaire. Le parquet ne voit pas dans cet acte un crime commis sous le coup de l’émotion, mais un acte planifié. La procureure a requis la prison à perpétuité pour meurtre.

L’avocate de la défense, Maître Lynn Frank, a expliqué dans sa plaidoirie que son client éprouvait des regretss sincères pour ce qu’il avait fait. “Mon client se trouvait dans une détresse émotionnelle et n’avait jamais vécu une situation de stress pareille dans sa vie”, a déclaré l’avocate. Le prévenu faisait une fixation sur son épouse et avait construit toute son existence autour d’elle. L’idée de ce que serait l’avenir lui était insupportable. Elle demande que des circonstances atténuantes soient retenues et que la Cour reste en dessous de la peine requise par le parquet. L’accusé avait tout avoué et coopéré avec la police. C’est pourquoi elle demande en plus qu’un large sursis, ou un sursis probatoire, soit appliqué. Sur ce point, la procureure a cependant objecté que l’accusé n’avait avoué qu’au moment où il avait compris qu’il ne parviendrait pas à faire croire à son histoire.
Le verdict sera prononcé le 25 février.