
Le procès d’un homme accusé d’avoir tué son épouse et d’avoir dissimulé le corps, a débuté mercredi devant la 13ème chambre criminelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Trois audiences sont prévues.
A la fin du mois de septembre 2023, une femme de 58 ans était signalée disparue. Le mari était devenu assez rapidement la cible des enquêteurs de la police. Il était passé aux aveux cinq jours plus tard.
Les faits remontent au 29 septembre 2023, dans la nuit du jeudi au vendredi. L’épouse avait été attaquée par son mari alors qu’elle rentrait alcoolisée d’une soirée peu après minuit. “Je lui ai donné un coup de poing au visage et lui ai cassé le nez”, avait déclaré l’accusé lors de l’enquête policière. Cela avait été un réflexe. Après le coup porté, la femme était restée debout. Il l’avait alors saisie par le cou et avait serré jusqu’à ce qu’elle ne respire plus.
Ensuite, il avait habillé le corps avec une combinaison de peintre et l’avait emballé dans des sacs plastiques qu’il avait fixés avec du ruban adhésif. Après avoir nettoyé les traces de sang, il avait chargé le corps dans la voiture et l’avait transporté dans un bois près de Scheidgen, où il l’avait fait glisser au bas d’un talus de quatre à cinq mètres.
D’après le rapport d’enquête de la police judiciaire, le crime aurait pu être prémédité. L’accusé s’était déjà rendu la veille des faits sur les lieux pour repérer où il pourrait se débarrasser du corps et avait acheté du matériel dans un magasin de bricolage. Après le meurtre, il était retourné à l’endroit où il avait déposé le cadavre pour le recouvrir de branches. Puis, sur le chemin du retour, il s’était débarrassé du téléphone de la victime dans un étang à Consdorf. Pour le reste, l’accusé avait simplement continué à vivre sa vie. Il était notamment allé au sauna et à la salle de sport. Le samedi, il s’était présenté avec ses deux enfants à la police pour signaler la disparition. Ce n’est que le mardi 3 octobre qu’il avait avoué le crime.
Une conversation que le couple avait eue quelques jours avant le meurtre, pendant leurs vacances, est évoquée comme mobile possible. La femme avait alors confié à son mari qu’elle avait un amant et qu’elle voulait divorcer. Le frère de l’accusé a déclaré que ce dernier ne pouvait pas imaginer sa vie sans son épouse.
Avant le drame, l’accusé n’avait jamais été agressif envers son épouse et il n’y avait pas eu de grosses disputes dans ce couple marié depuis 31 ans. Cependant, durant l’enquête, l’homme parlait déjà de sa femme au passé, comme si elle était morte et ne reviendrait jamais. L’homme de 69 ans, originaire de Dudelange, est en détention provisoire depuis ses aveux.
Le procès se poursuivra jeudi après-midi.