
Le ministre du Travail souhaite engager des discussions avec les partenaires sociaux sur l’organisation du temps de travail cet automne. Un débat de consultation sur ce sujet s’est déjà tenu mercredi matin à la Chambre des députés, à la demande du gouvernement. Les différents partis étaient invités à présenter leurs points de vue et leurs propositions. Les députés se sont accordés sur le fait que l’organisation du temps de travail doit être adaptée aux réalités du monde du travail moderne. En revanche, les partis divergent quant aux modalités concrètes de cette adaptation.
Le DP et sa députée Carole Hartmann ont esquissé des pistes concrètes pour un droit du travail plus moderne. Les règles relatives aux pauses pourraient par exemple être revues. Actuellement, seule une pause non rémunérée par jour est autorisée. Cela ne permet pas, par exemple, de travailler depuis son domicile le matin puis de se rendre plus tard sur son lieu de travail, car dans ce cas la pause de midi devrait être rémunérée. Le DP estime également qu’il devrait être possible d’organiser le travail de manière plus flexible, par exemple en travaillant 4 journées de 10 heures au lieu de 5 journées de 8 heures, par semaine.
Une déclaration du CSV a suscité l'ire du LSAP ainsi que de déi Lénk. Selon Charel Weiler, l’objectif ne serait pas de travailler davantage ou moins, mais de travailler de manière mieux organisée. Pour le socialiste Georges Engel, ancien ministre du Travail, il s’agit d’une position conservatrice et certainement pas progressiste. Selon lui, si l’on avait toujours raisonné de cette manière, nous travaillerions encore aujourd’hui 50 heures par semaine et ne bénéficierions d’aucun congé payé. Il estime qu’il faut voir plus loin et penser davantage à l’avenir. Déi Lénk, par la voix de Marc Baum, s’est également opposé à la déclaration de Charel Weiler. Selon lui, le CSV a parfois des idées rétrogrades et très éloignées des valeurs sociales-chrétiennes.
Le LSAP continue de défendre l’instauration de la semaine de 38 heures. Le parti déi Lénk est également favorable à une réduction du temps de travail. Pour les Verts, une réduction généralisée du temps de travail n’est pas réaliste. Ils estiment toutefois qu’une telle mesure pourrait trouver sa place dans le cadre de conventions collectives, selon le secteur d’activité et l’entreprise concernés. Les Pirates, par la voix de Sven Clement, souhaitent également ouvrir le débat sur la réduction du temps de travail et sur la mise en place d’une semaine de quatre jours. Ils proposent que le gouvernement lance un projet pilote à cet effet.
L’ADR et son député Michel Lemaire se prononcent, quant à eux, pour le maintien de la semaine de 40 heures et pour la protection des salariés. Selon eux, dans le contexte économique actuellement tendu, il ne serait pas opportun de refondre le droit du travail ni de créer des divisions entre les partenaires sociaux.
Le ministre du Travail, Marc Spautz, a écouté l’ensemble des interventions et a estimé, au terme des discussions, que le débat avait atteint son objectif. Comme annoncé, des discussions sur l’organisation du temps de travail doivent être engagées à la rentrée, avec les syndicats et les organisations patronales.
Marc Spautz a déclaré mercredi que le gouvernement restait attaché au maintien de la semaine de 40 heures. Il a toutefois précisé que des horaires hebdomadaires réduits pourraient toutefois être prévus dans le cadre de conventions collectives.
Le ministre du Travail Marc Spautz (CSV) souhaite également renforcer la sécurité juridique en matière de conventions collectives. Selon lui, les dispositions inscrites dans une convention collective doivent avoir une valeur juridique contraignante. Cela contribuerait aussi à renforcer ces conventions collectives, dont le ministre souhaite voir le nombre augmenter.
Marc Spautz a souligné qu’il était important d’atteindre le taux de 80 % de couverture prévu par la directive européenne. Il a également indiqué que, dans le cadre de la nouvelle loi sur les heures d’ouverture des commerces, plus de 40 conventions collectives avaient été conclues dans le secteur des stations-service. Environ 2.000 salariés sont ainsi désormais couverts par une convention collective.