
"Nous allons bien sûr discuter avec le ministre", mais "Georges Mischo a perdu beaucoup de la confiance des syndicats, qu'il a dénigrés comme nul autre au Luxembourg", a déclaré jeudi sur RTL le président du LCGB, Patrick Dury.
La colère est toujours grande chez les syndicalistes. Le syndicat n'a pas encore répondu à l'invitation du ministre à une nouvelle réunion. "Nous nous concertons encore avec l'OGBL", précise le président du LCGB. "Nous avons aussi écrit à la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, car la mise en œuvre prévue par le ministre ne correspond pas à l'esprit de la directive."
"Le ministre a rabaissé le travail et l'engagement des syndicalistes et a voulu ridiculiser les syndicats", selon le président du LCGB. "Il va égratigner le fondement du modèle social, quitte à le détruire", s'est plaint Patrick Dury. Il s'agit des droits des salariés, qui sont défendus par les syndicats depuis 100 ans. Cela doit rester ainsi.
Georges Mischo remet en question la représentativité des syndicats, parce que lors des élections sociales pour la Chambre des salariés, le taux de participation était seulement de 35%. Patrick Dury rétorque que "le ministre lui-même et la Chambre ne sont pas beaucoup mieux élus, si on considère le nombre de personnes qui ont le droit de vote aux législatives. Alors il est aussi seulement élu par un gros tiers de la population." Et le syndicaliste d'ajouter qu'"au fond, la chambre et le ministre ne reflèteraient plus l'image de la société du pays, comme ils le devraient."
A propos des délégués du personnel non affiliés aux principaux syndicats nationaux, Patrick Dury souligne qu'"il y a toujours eu des délégués neutres et qu'il s'agit souvent de listes demandées par l'employeur". Patrick Dury ne peut pas imaginer comment ces délégués non-affiliés pourraient négocier une convention collective ou s'engager dans un conflit social.
Des discussions sont en cours sur la réforme des retraites. Les syndicats font valoir une sorte de tripartite. La ministre de la Sécurité sociale, "Martine Deprez, ne peut pas se cacher derrière le débat public, pour dire ensuite ce qu'elle voudrait faire et contourner les syndicats", estime Patrick Dury. Il s'agit de justice sociale. "Le gouvernement devrait veiller à l'égalité de traitement" entre le régime général des salariés de droit privé et les régimes spéciaux des fonctionnaires. Le gouvernement envisage une réforme "arithmétiquement électorale", selon le président du LCGB, ce qui signifie que les fonctionnaires doivent être épargnés. Les retraités doivent aussi être épargnés. Et les jeunes doivent craindre des pensions plus faibles.
L'OGBL et le LCGB planifient une première action le 3 décembre et en informent leurs délégués. "Nous sommes prêts à entrer en conflit, à aller dans la rue et plus loin s'il le faut", a déclaré un Patrick Dury bien remonté.
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