NiederanvenLa piste cyclable arc-en-ciel vandalisée et cible de commentaires haineux

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
Il y a deux semaines, la mairie de Niederanven a posé un geste en faveur de la diversité, du respect et de la solidarité au sein de la commune. Un arc‑en‑ciel a été peint sur un tronçon de piste cyclable long d'une soixantaine de mètres et cela a déclenché une vague de haine sur les réseaux sociaux. Depuis, l’arc‑en‑ciel a aussi été la cible d'actes de vandalisme. 

“Dégueulasse”, “à vomir”, “pollution environnementale” et “on devient de plus en plus idiots” : ce ne sont là que quelques‑uns des commentaires que l’on peut lire sous la publication Facebook de la commune de Niederanven. Il s’agissait simplement d’annoncer qu’un petit tronçon de piste cyclable avait été peint aux couleurs de l’arc‑en‑ciel. L’ampleur des réactions n’avait pas été anticipée, explique le bourgmestre Fred Ternes :

Parmi les commentaires, il y avait un certain nombre de réactions négatives, certaines homophobes. On peut déjà, je pense, parler d’une petite shitstorm. Mais je dois dire aussi, et cela se voit dans les ‘likes’, qu’il y a eu énormément de réactions positives. Nous avons également reçu beaucoup de retours positifs en tant que commune. Mais évidemment, c'est toujours ainsi : les commentaires négatifs sont plus virulents, ils sont davantage remarqués et leurs auteurs s’expriment plus, tandis que les autres restent un peu plus discrets.

Plus de 440 commentaires ont été publiés sous la publication. Le bourgmestre les a tous lus :

99 % proviennent de personnes qui ne sont pas de la commune, parfois même issues de régions relativement éloignées. Cela semble avoir circulé dans certains cercles via les réseaux sociaux et avoir suscité diverses émotions.

Plainte pour vandalisme

 Entre‑temps, le petit tronçon aux couleurs de l’arc‑en‑ciel, situé près de l’école et de la maison de retraite, a déjà été la cible de vandalisme.

Des organes génitaux masculins y ont été dessinés. On ne les voit pas très bien, mais ils ont bien été dessinés. Pour le reste, il y a effectivement des traces de pneus de trottinettes et de vélos, où l’on a tenté de laisser des marques de freinage. Au moins pour le symbole, nous avons déposé plainte en tant que commune, puis nous enlèverons cela. Nous avons suffisamment de peinture pour le repeindre aussi souvent que nécessaire. Et chaque fois qu’il y aura un véritable acte de vandalisme, nous déposerons plainte auprès de la police. […] L’arc‑en‑ciel restera tant que je serai en fonction.

Ne pas simplement laisser passer, mais réagir, dit l'ASBL Rosa Lëtzebuerg

Pour Andy Maar, membre du conseil d'administration de Rosa Lëtzebuerg, de telles réactions sur les réseaux sociaux ne sont pas une nouveauté.

"Bien sûr, c’est toujours frustrant de voir ce type de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, car on pense qu’en 2026, on est en fait bien loin de ça. […] Le plus dangereux à faire, c’est de laisser ces commentaires simplement tels quels. C’est pourquoi nous recommandons toujours de recourir au counter‑speech, en particulier lorsqu’il s’agit de discours de haine. On essaie alors de répondre par des faits, et on se rend très vite compte que, de l’autre côté, il ne reste plus grand‑chose à opposer."

Et c’est précisément ce qu’a fait la commune de Niederanven. Elle a décidé de ne pas tout supprimer ni de laisser les commentaires sans réaction : la commune a épinglé en tête des commentaires une prise de position officielle, dans laquelle elle se distancie clairement des propos négatifs, explique le bourgmestre Fred Ternes.

La piste cyclable arc-en-ciel de Niederanven avant qu'elle soit vandalisée.

La Ville de Luxembourg confrontée à un problème similaire avec la "Pride"

La commune de Niederanven n’est pas la seule à avoir récemment essuyé ce genre de commentaires. La Ville de Luxembourg a elle aussi dû lire de nombreux propos déplacés lors de l’annonce du retour de la Pride dans la capitale. L’échevin de la Ville de Luxembourg, Maurice Bauer, s’est dit consterné par ces commentaires :

Il n'est pas acceptable que nous vivions dans un monde où, à moins de 1. 000 kilomètres d’ici, des personnes sont persécutées en raison de leur orientation sexuelle, et que nous devions ensuite lire ici aussi des commentaires haineux ou déplacés. Je pense que chacun peut commenter comme il le souhaite, mais il faut malgré tout garantir un échange respectueux entre les personnes."

Il est essentiel que des communes posent de tels gestes

Et c’est précisément pour cette raison qu’il est absolument nécessaire de continuer à poser des gestes en faveur du respect mutuel et de la solidarité. Andy Maar adresse un grand merci aux communes qui prennent de telles initiatives. Ce n’est pas seulement important pour la visibilité de la "communauté queer et des personnes LGBTIQ+ ", mais cela aide aussi des personnes qui se trouvent encore dans une phase de recherche de soi et qui n’osent pas faire leur coming‑out par peur de l’exclusion. "Grâce à cela, elles voient que les communes, l’administration et la société sont là, les acceptent, et c’est pourquoi il est important que cela existe", explique Andy Maar de Rosa Lëtzebuerg.

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