
L’eau potable, les eaux usées, le chauffage des bâtiments, l’éclairage public, les places de parking,... d’innombrables services peuvent aujourd’hui être pilotés de manière intelligente pour optimiser l’utilisation des ressources et rendre service aux citoyens et à leurs portefeuilles. Pour encourager les communes luxembourgeoises à devenir plus “smart” (intelligentes) et se lancer dans leur transition écologique et numérique, les ministères de l’Économie et de l’Environnement, avec le Syndicat des villes et communes luxembourgeoises (Syvicol) poussent à la roue en lançant une deuxième vague d’appel à projets “Smart City”. Les communes intéressées ont jusqu’au 15 mars pour déposer leur candidature et décrocher des subventions.
Quinze projets sont arrivés suite à la première vague d’appel lancée en juin 2025 dans trois domaines: mobilité, énergie et gestion des ressources. Cinq ont été retenus pour l’appel à projets, dont trois dans le domaine de la mobilité, un dans celui de l’énergie et un dans celui des ressources. Six projets ont été soumis au Fonds climat et énergie. Quatre n’ont pas été retenus, mais ont toutefois été jugés pertinents. Deux bénéficieront du Fonds pour la protection de l’Environnement. Et les deux autres seront présentés en mars au Fonds pour la gestion de l’eau.
“Les projets sont très variés”, relève Lex Delles, le ministre de l’Économie. Avant de citer le “système de gestion du shared space à Bertrange avec des caméras et des capteurs pour mettre des accents sur la mobilité des voitures, des vélos et des piétons.” Mais aussi le projet de guidage des parkings de la zone récréative du Gaalgebierg porté par le communes d’Esch et de Sanem: “Si un parking est complet, il est fermé. On va directement au deuxième. S’il est complet à son tour, une alerte déclenche le départ d’une navette”, explique le ministre. Il cite encore la gestion intelligente des bâtiments communaux à Roeser qui permet “par exemple, d’éteindre le chauffage et l’éclairage à distance”. Et dans un autre registre, il cite la gestion des crues à Wasserbillig: “Caméras et capteurs font le lien entre météo et le niveau l’eau et quand celle-ci augmente, ça met tout de suite en alerte les services techniques”.
Les projets peuvent être subventionnés à hauteur de 50 %, et jusqu’à 60 % si plusieurs communes s’associent. Pour les petites communes de moins de 3.000 habitants, 10 % supplémentaires sont alloués et 25.000 euros se rajoutent si elles sollicitent un soutien extérieur. “Dans le meilleur des cas, 80 % des coûts du projet peuvent être cofinancés pour des projets qui s’étalent sur deux ans”, résume Serge Wilmes, ministre de l’Environnement qui encourage “davantage de communes à participer et à proposer des projets collaboratifs à plusieurs pour atteindre les aides maximum”. La subvention est plafonnée à 500.000 euros par projet.
Une enveloppe de 5 millions d’euros avait été prévue pour développer des projets “Smart Cities”. Pour l’heure, seuls 937.749 euros de fonds ont été distribués aux six projets retenus lors de la première vague. De sorte “qu’il reste une enveloppe de 4 millions d’euros” à disposition, glisse Lex Delles.
L’initiatives “Smart City” est “particulièrement passionnante” aux yeux d’Emile Eicher, car “elle cherche à encourager les communes à prendre quelque fois des risques pour développer de nouveaux instruments de gestion et leur donner confiance. Le risque est minimal pour développer un nouveau projet. Et ça leur donne aussi la possibilité de se lancer dans un investissement plus importants peut-être par après, qui résulte des données collectées”.
Mais la création du lien entre communes et entreprise fait défaut pour le moment, de l’avis d’Emile Eicher. “Ce qui manque c’est que les nouvelles entreprise luxembourgeoises très innovantes ne sont pas connues et ne disposent pas d’un capital confiance auprès des communes qui sont un peu réticentes parce qu’elles ne veulent pas prendre un risque trop élevé”.