Bonne nouvelle pour le LuxembourgL’UE va devenir plus indépendante en matière d’approvisionnement en médicaments

Raphaëlle Dickes
traduit pour RTL Infos
L’UE doit devenir plus résiliente et plus indépendante en matière de médicaments, et le Luxembourg tout particulièrement. C’est l’un des objectifs du "Critical Medicines Act". Le mardi 20 janvier, le règlement sur les médicaments critiques a été adopté au Parlement européen à une large majorité. Il doit entrer en vigueur au plus tard à la fin de l’année.
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Le problème était flagrant pendant la pandémie de Covid-19, mais même au quotidien il arrive régulièrement que les pays de l’Union européenne connaissent des pénuries de médicaments importants.

Sont considérés comme critiques les médicaments essentiels au bon fonctionnement du système de santé, et pour lesquels les patients risquent de subir un préjudice médical grave en cas de pénurie. Cela concerne des médicaments d’usage quotidien et d’intérêt public, mais aussi des “médicaments coûteux et innovants pour le traitement du cancer, sans oublier les médicaments pour les maladies rares et – c’est important – les antibiotiques”, explique Tilly Metz. La députée européenne verte a travaillé sur le texte en tant que rapporteure.

D’une part, il s’agit de relocaliser à long terme la production de médicaments critiques en Europe. Des soutiens spécifiques sont prévus à cet effet. “Un accompagnement dans la mise en œuvre des règlements européens. Il y aura aussi une ‘procédure accélérée’ pour que ces médicaments puissent obtenir des autorisations plus rapidement. Il s’agit aussi d’un soutien financier.

D’autre part, à plus court terme, la possibilité pour les États membres de l’UE de lancer des appels d’offres communs pour des médicaments essentiels pourrait déjà avoir un effet. Cela permettrait de rendre ces médicaments plus accessibles et aussi moins chers. Les petits pays comme le Luxembourg sont particulièrement dépendants de la coopération européenne en cas de pénurie de médicaments, souligne Tilly Metz. Concernant le stockage des médicaments aussi, le Parlement a voté le 20 janvier en faveur d’une coopération accrue. “Cela peut aller jusqu’à ce qu’un pays, par exemple l’Allemagne, qui dispose de stocks importants d’un certain médicament, prenons l’exemple du paracétamol pour enfants, s’entende dire : ‘Eh bien, au Luxembourg, il y a une pénurie. Tu dois maintenant soutenir le Luxembourg en lui fournissant du paracétamol pour enfants.’

Réactions positives du secteur

Les pénuries de médicaments constituent un problème auquel les pharmaciens sont confrontés quotidiennement. Certains antibiotiques, des antihypertenseurs, des antidépresseurs, des hormones pour femmes… ce ne sont là que quelques exemples de médicaments qui manquent régulièrement. Trouver des substituts demande un certain effort. Selon les statistiques européennes, un pharmacien passe en moyenne 11 heures par semaine à chercher des solutions alternatives pour les patients. Claude Hostert-Peiffer salue l’initiative de l’UE. L’administratrice du syndicat des pharmaciens estime qu’elle était nécessaire : “Je pense toutefois qu’il faudra encore plusieurs années avant que nous en voyions les effets sur le terrain. Nous savons qu’une grande partie de la production a été délocalisée, que de nombreuses molécules proviennent d’Asie, que ce soit de Chine, d’Inde ou d’autres pays asiatiques. Pour relocaliser la production en Europe, nous savons que cela pourra prendre des années. Dix ans ou plus.

La possibilité d’avoir un aperçu des stocks des autres États membres de l’UE et, en cas de pénurie, d’être approvisionné par des pays disposant de réserves suffisantes pourrait peut-être être mise en œuvre plus rapidement, espère la pharmacienne. Toutefois, l’obligation légale de céder une partie de ses stocks ne plaît pas à tous les États membres. Il n’est donc pas encore certain que le Conseil de l’UE accepte cette approche.

Les représentants de l’industrie pharmaceutique saluent également le “Critical Medicines Act” européen. Cependant, trop de médicaments entreraient dans la définition des médicaments critiques du Parlement européen, estime Romain Labé. Le secrétaire général d’"Innovative Medicines for Luxembourg” espère que des ajustements seront encore apportés lors des négociations : “Pour qu’on aille vraiment vers l’essentiel qui est s’assurer un marché européen attractif pour l’industrie et garder l’efficacité de l’industrie pour assurer la disponibilité des médicaments jusqu’au patient.”

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