
La collecte organisée par la Manufacture des Émaux de Longwy pour sauver son existence, un savoir-faire unique au monde et un patrimoine vieux de plus de 200 ans (sa création date de 1798) devait s’arrêter samedi 31 janvier à minuit, mais “elle est prolongée jusqu’au 19 février 2026”, annonce Martin Piétri, le président de la manufacture et cofondateur de la société de mobilier d’art Emblem qui avait sauvé la manufacture de la liquidation en 2015.
La vague de solidarité pour sauvegarder les Émaux de Longwy -dont ont déjà témoigné plus de 5.700 contributeurs sur la plateforme de financement participatif Ulule- ne cesse de se prolonger et le patron y surfe avec une grande reconnaissance: “Je suis éberlué! C’est inimaginable!”.
Et il rajoute, presque un peu sonné par tant de générosité et de démonstration d’attachement, qu’”à chaque nouvelle contribution, c’est comme si c’était une preuve d’amour”. Sa voix est fatiguée, l’émotion contenue. La société est en redressement judiciaire depuis septembre 2024. Le combat est long.
Le succès de l’appel à l’aide sur Ulule est inespéré et sans appel. Le compteur affichait 781.848 euros samedi 31 janvier à minuit, heure annoncée de la fin de la collecte. Mais la vague continue de déferler. Ce dimanche à 12h30, il dépassait les 787.000 euros.
L’audience du tribunal de commerce de Val de Briey qui décidera de l’avenir de la manufacture est fixée au 19 février. Et d’ici là “il faut rester mobilisé, continuer à travailler et ne pas considérer que c’est fait”, pose Martin Piétri. Car “c’est le tribunal qui décide”.
Il sait qu’il entre dans une semaine cruciale puisqu’au-delà de la cagnotte, “il faut que 75% des 3.500 actions mises en vente (soit 2.625 actions) trouvent preneurs pour que l’augmentation de capital soit souscrite” avant vendredi 6 février 2026.
Pour l’heure un peu plus de 1.200 actions ont été vendues directement via le site internet de la Manufacture des Émaux de Longwy (rubrique: “actualités”). Il y est bien précisé que pour l’heure les fonds sont bloqués et qu’ils “ne seront libérés que si le plan de continuation est homologué par le tribunal de commerce de Briey”. Si le seuil minimum de 2.625 actions n’est pas atteint, les fonds seront restitués.