Fusillade de VilleruptLe procès démarre mardi à Nancy

AFP
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Il est accusé d'avoir blessé cinq personnes, dont trois grièvement, en ouvrant le feu sur un point de deal en mai 2023 à Villerupt. Un homme de 40 ans, au lourd passé judiciaire, est jugé à partir de mardi à Nancy, notamment pour "tentative d'assassinat".
© SEBASTIEN BOZON/AFP

Selon les enquêteurs, il est un peu plus de 18 h le samedi 13 mai 2023 quand un homme, cagoulé, ganté et armé d’un pistolet mitrailleur, arrive sous le porche d’un immeuble connu pour abriter un point de deal en centre-ville de Villerupt, une ville de 10.000 habitants à la frontière du Luxembourg.

Une dizaine de personnes sont présentes. L’homme fait feu avant de s’enfuir à bord d’un véhicule - il sera interpellé deux jours plus tard. Une vingtaine d’étuis de 9 millimètres seront retrouvés sur place.

Quatre hommes de 17 à 20 ans et une femme de 30 ans sont blessés. Le plus jeune, un adolescent de 17 ans, est touché à la tête. Kenzo, aujourd’hui majeur, veut dire au procès qu’il “était à un match de foot, il s’est retrouvé avec ses copains au mauvais endroit au mauvais moment et aujourd’hui il est en fauteuil roulant”, a dit à l’AFP son avocat Me Thomas Kremser. Le jeune homme “veut être reconnu à 100% comme victime” durant ce procès.

Abdelkrim Bellot comparaît jusqu’à vendredi devant la cour d’assises, où il encourt la réclusion à perpétuité. Durant l’enquête, il avait reconnu les faits, et expliqué que la fusillade avait été conduite en représailles à l’humiliation récente de l’un de ses frères, filmée et diffusée sur des réseaux sociaux.

Toutefois, “le principe de la cour d’assises est l’oralité des débats, et c’est ce qui va être dit à l’audience qui va être important”, rappelle auprès de l’AFP l’avocat de la défense, Me Thomas Hellenbrand.

Supérette de la drogue

Condamné à une trentaine de reprises depuis 2001 à des peines de prison ferme - principalement pour des faits de vols et de violences, mais aussi pour des délits routiers - l’accusé était sorti de détention le 6 avril, un peu plus d’un mois avant la fusillade. Il venait de purger deux peines de 6 et 12 mois de prison pour refus d’obtempérer, violences aggravées et vol en récidive.

Outre la “tentative d’assassinat”, l’accusé devra répondre d’avoir utilisé dans sa fuite une voiture volée, qu’il avait ensuite détruite, mais aussi de “menaces de mort” durant sa fuite après les faits, point qu’il a toujours contesté.

Avant la fusillade, une escalade de la violence entre bandes rivales avait fait l’objet de plusieurs signalements par les autorités.

En mai 2023, un point de deal tournait à plein régime au centre-ville, à quelques dizaines de mètres seulement de la mairie ou du commissariat de police.

Le prix de la drogue y était affiché, comme dans une supérette, sur les murs d’un immeuble d’habitation, derrière un porche. Quelques jours après la fusillade, des coups de peinture ont été appliqués et le trafic s’est fait plus discret.

Depuis, “le point de deal n’est plus là”, confirme à l’AFP le maire (PCF) de la commune Pierrick Spizak, et “un gros travail a été fait” par la police pour qu’il ne se réimplante pas. “Mais le trafic se passe surtout dans les appartements”, ce qui est moins visible.

Les effectifs de police, eux, “fluctuent toujours” et n’ont pas atteint le nombre de 104 agents promis par l’Etat, selon l’édile. C’est pourtant un “enjeu crucial” dans cette zone frontalière du nord de la Lorraine, en croissance démographique et où les “problématiques sont décuplées”, notamment en matière de stupéfiants, souligne le maire, qui évoque un combat équivalent à un “travail de fourmi, de longue haleine”.

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