Assemblée nationaleBaptême du feu pour Borne, motion de censure de la gauche

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Les quatre groupes de gauche à l'Assemblée nationale ont déposé mercredi leur motion de censure en signe de "défiance" à l'égard du gouvernement, juste avant la déclaration de politique générale d'Élisabeth Borne, a-t-on appris de sources parlementaires.
La Première ministre Elisabeth Borne sur le perron de l'Elysée le 4 juillet 2022
La Première ministre Elisabeth Borne sur le perron de l’Elysée le 4 juillet 2022
© AFP

“En l’absence de vote de confiance”, qui n’a pas été demandé par la Première ministre, “nous n’avons d’autre choix que de soumettre cette motion de défiance”, justifient les groupes LFI, PS, écologiste et communiste, alliés dans la coalition Nupes, dans leur texte remis à la présidence de l’Assemblée nationale et transmis à la presse.

Le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne dans les jardins de l'Elysée, le 4 juillet 2022
Le nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne dans les jardins de l’Elysée, le 4 juillet 2022
© POOL/AFP

La motion devra être soumise au vote de l’Assemblée nationale au moins 48 heures après son dépôt, en vertu de l’article 49-2 de la Constitution, soit vendredi en début d’après-midi au plus tôt. Pour faire tomber le gouvernement, il lui faudrait réunir une majorité absolue, ce qui paraît très peu probable faute d’un rassemblement des oppositions.

Les signataires déplorent le refus de Mme Borne de solliciter un vote, alors que la situation voulue par les Français “offre une opportunité inédite à l’expression d’un véritable parlementarisme”.

Emmanuel Macron et Elisabeth Borne arrivent au premier conseil des ministres du nouveau gouvernement Borne, le 4 juillet 2022, à l'Elysée
Emmanuel Macron et Elisabeth Borne arrivent au premier conseil des ministres du nouveau gouvernement Borne, le 4 juillet 2022, à l’Elysée
© POOL/AFP

La cheffe du gouvernement ne dispose que d’une majorité relative. Elle rejoint ses sept prédécesseurs de gauche comme de droite qui ont renoncé à solliciter la confiance des députés sous la Ve République lors de leur déclaration de politique générale.

“En l’absence de vote de confiance, et sans réaction des parlementaires, la minorité présidentielle ne manquerait pas d’invoquer une confiance implicite du Parlement”, estiment les groupes de gauche Nupes.

Selon eux, “le choix est fait de rompre l’équilibre institutionnel actuel du Premier ministre, évidemment choisi par le président de la République mais dont la légitimité procède aussi du Parlement”.

SANS LA DROITE

Les groupes RN et LR n’ont pas prévu de voter la motion. “On attend déjà que Mme Borne nous dise où elle veut emmener le pays”, explique un des porte-parole du groupe d’extrême droite, Sébastien Chenu. “On veut profiter de la situation pour obtenir des avancées”, abonde le patron des députés LR, Olivier Marleix.

Pour Raquel Garrido (LFI), il est “regrettable que des partis élus pour ne pas faire la politique macroniste, au final viennent aider la macronie”.

Les groupes politiques à l'Assemblée nationale
Les groupes politiques à l’Assemblée nationale
© AFP

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