
Il ne faut pas céder à la psychose mais la situation appelle à la vigilance après les événements de ces derniers jours dans la Province. Le premier drame s’est joué dans la nuit de jeudi à vendredi dans le petit village de Louftémont dans la commune de Léglise, à quelques kilomètres de Neufchâteau. Clément Damien a découvert 15 cadavres de brebis. Cinq autres étaient très gravement blessées. Elles ont dû être abattues sur place suite au constat du vétérinaire.
Plus tard dans la journée, l’éleveur a constaté qu’à 300 m de là, le mâle reproducteur d’un troupeau avait lui aussi été attaqué et tué. Le DNF (Département de la Nature et des Forêts) est descendu sur les lieux pour prélever des indices ADN. Il a confirmé que tous les signes relevés sont typiques d’une attaque de loup même si la prudence est de mise puisque des chiens ont déjà commis de tels méfaits. La présence d’un couple de loups dans la forêt d’Anlier, toute proche, n’est sans doute pas étrangère à ce carnage.
Le bourgmestre de Léglise, Simon Huberty, a pris un arrêté de police lundi limitant les activités nocturnes dans les bois communaux. Une mesure de précaution qui vise notamment à protéger les camps de jeunesse ces prochaines semaines. Une petite vingtaine sont annoncés.
La loi des séries s’est poursuivie dans la nuit de samedi à dimanche. Dix brebis de la Ferme du Bony, à Bande, près de Nassogne (Marche-en-Famenne), ont été tuées dans une prairie située à moins d’un kilomètre des premières habitations. Quatre autres ont été blessés et deux ont dû être euthanasiées. Là aussi l’ombre du loup plane sur cette attaque même s’il semble hautement improbable que ce soit le ou les mêmes que la veille puisque la N4 représente un obstacle important. L’hypothèse d’un loup en dispersion est privilégiée.
La période estivale est particulièrement propice à ce genre d’attaques. Les loups adultes doivent répondre aux besoins alimentaires de leurs louveteaux qui naissent généralement à la fin du printemps, d’où les risques d’attaques sur les troupeaux.
Le SPW (Service public de Wallonie) a tenu à calmer la situation, rappelant que depuis 10 ans, date estimée du retour du loup en Wallonie, aucune attaque sur l’homme n’a été recensée.
Le risque zéro n’existe pas. C’est la raison pour laquelle le bourgmestre de Léglise a pris cette décision d’interdire les sorties nocturnes. La fédération des scouts de Belgique s’est questionnée sur ce ciblage particulier, se demandant pourquoi d’autres types de public n’étaient pas visés.
C’est la première fois qu’une commune en Wallonie interdit des activités nocturnes dans des camps scouts à cause de la présence de loups.