
Léon Gloden maintient que “grâce aux mesures prises depuis novembre 2023, la sécurité et le sentiment de sécurité se sont améliorés”. Et le ministre de faire le bilan de son action: “depuis que je suis ministre, le recrutement de policiers a fortement augmenté, de 160 à 200 stagiaires par promotion (...) Nous avons pu augmenter le nombre effectif de policiers (...) de 3.100 à 3.331. Nous avons mis en oeuvre une autre stratégie avec la police: plus de présence, plus de proximité et plus de prévention.”
Léon Gloden se montre aussi satisfait des chiffres, avec un nombre de cambriolages et d’agressions en baisse. “Les chiffres parlent pour eux”, selon lui. Il reconnaît toutefois qu’il y a “un problème de drogues dans le quartier de la Gare.Nous y travaillons, la police y travaille, avec une plus grande présence, plus de patrouilles, plus d’actions”, souligne-t-il. Jeudi aura lieu une table ronde consacrée à la lutte anti-drogue, “car un catalogue de mesures doit être mis en œuvre pour résoudre ce problème de drogue”, indique le ministre, qui assure “vouloir rendre aux gens du quartier de la Gare leur quartier.”
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Fred Keup souligne tout d’abord qu’il n’aime guère le terme de “sentiment de sécurité”, par égard pour les victimes de délits pour lesquelles il ne s’agit pas d’”un sentiment” mais d’une “réalité”.
“Et la réalité est que la situation sécuritaire dans ce pays est toujours très, très mauvaise, que dans certains cas elle a même empiré”, selon l’élu ADR, qui affirme que c’est “ce que montre aussi en partie les chiffres, qui ne sont pas aussi bons que ceux présentés par Monsieur Gloden”.
Fred Keup parle d’une situation “désastreuse dans de nombreux endroits du pays et pas seulement dans le quartier Gare” en évoquant des articles parus dans les médias. Il estime que “le Luxembourg n’est plus un petit pays sûr”, mais un pays “avec de très nombreux problèmes criminels”.
Le député va jusqu’à parler d’une “véritable crise de la criminalité au Luxembourg”, qu’il faut “combattre par tous les moyens”. Il reconnaît toutefois au gouvernement et au ministre des Affaires intérieures la volonté de vouloir améliorer la situation. “Mais pour l’instant, sur le terrain, je ne vois pas vraiment comment cela va avoir un effet positif.” Il est d’avis qu‘“il faudrait faire encore beaucoup plus que ce qui est fait maintenant.” Il attendra la fin de la législature dans trois ans pour tirer un bilan plus concret.
“La sécurité est clairement une priorité du gouvernement”, répond le ministre des Affaires intérieures, qui indique que le gouvernement est en train de mettre en place un certain nombre de mesures, dont le “Platzverweis renforcé”.
Léon Gloden insiste sur l’action du gouvernement. “Nous sommes en train d’élaborer un projet de loi sur la surveillance des voitures circulant sur les autoroutes de notre pays. Nous sommes le seul pays à ne pas avoir de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation des véhicules.”
Le ministre rappelle aussi l’élargissement du réseau Visupol à Luxembourg-ville, avec une soixantaine de caméras supplémentaires, ainsi que les efforts effectués en matière de lutte contre la criminalité liée aux stupéfiants, notamment les grosses saisies réalisées récemment. Mais le ministre des Affaires intérieures se veut réaliste: “nous ne pouvons pas avoir des policiers partout tout le temps”.
Ces nouvelles mesures ne sont pas suffisantes pour l’ADR. Des changements sont encore nécessaires, selon Fred Keup. Ce dernier réclame aussi une plus grande transparence dans la communication. “Il est important que nous soyons informés de manière transparente et honnête sur tous ces cas, (...) que la police communique également ces informations à l’extérieur, y compris aux médias, (...) que des statistiques soient enfin élaborées de telle manière que l’on puisse en tirer quelque chose qui aille plus loin que ce qui est le cas actuellement.”
“Pourquoi la police ne communique-t-elle pas simplement chaque agression?”, s’interroge l’élu ADR qui déplore le manque de transparence. Un reproche que réfute Léon Gloden: “La police communique au moins trois fois par jour par communiqué de presse, voire cinq fois par jour. La police communique de manière transparente. Mais parfois, pour cause d’enquête, il n’est pas possible de tout communiquer directement. Et Monsieur Keup le sait.” En effet si une enquête est en cours, il appartient au parquet de décider de communiquer ou non, rappelle le ministre.
Tout en soulignant que la criminalité ne se limite pas au quartier de la gare de Luxembourg, mais gagne jusqu’aux petites localités, l’élu ADR réclame plus de soutien et de moyens pour les policiers, qu’il qualifie de “héros”. “Ils doivent avoir le droit de se défendre. Ils doivent également être mieux équipés.”
Fred Keup souhaite aussi des changements en matière de justice. Il réclame des “condamnations rapides et cohérentes” en lieu et place de ce qu’il qualifie d’”impunité”. “Quand les gens honnêtes voient ceux qui font constamment des choses qui sont illégales, qui ne sont pas acceptables. Et rien ne leur arrive ou ça traîne et ça traîne et ils continuent à courir partout.”
“Un autre point très important” pour l’ADR, est le “tourisme criminel”. Selon Fred Keup, de nombreux criminels qui commettent des délits au Luxembourg, ne vivent même pas ici. Leur forfait commis, ils repassent la frontière. A propos de la criminalité transfrontalière. le ministre des Affaires intérieures donne raison à Fred Keup. “Une partie des acteurs de la criminalité liée à la drogue arrivent chaque jour au Luxembourg en provenance de la région frontalière française en train.” Léon Gloden en a parlé à son homologue français, Bruno Retailleau, qui a promis son aide pour que ces personnes puissent être expulsées plus rapidement.