À ce rythme, selon les prévisions de l'État, les réserves du système de pension luxembourgeois seront vite épuisées. Comment le Luxembourg va-t-il payer les retraites des travailleurs?

Mercredi, la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, a présenté aux députés membres de la commission de tutelle le programme du gouvernement. La séance a été principalement consacrée à la Caisse nationale d'assurance pension (CNAP).

Dans quatre ans, les recettes courantes ne suffiront plus à couvrir les dépenses courantes annuelles et le système de pension risque d’être en déséquilibre. Un nouveau modèle est nécessaire. Tel était le message clé de la ministre. Dans son programme, le gouvernement a proposé une large consultation de tous les acteurs. 
L’opposition est très préoccupée par les idées qui sont actuellement sur la table. Le LSAP comme la Gauche parlent de sonnettes d’alarme qui se déclenchent. Marc Baum, élu de déi Lénk, qualifie les propositions actuelles de "démantèlement social".

Pour résumer très brièvement, le système des retraites luxembourgeois repose sur trois piliers:

  • Le pilier principal est l'assurance obligatoire, à savoir les cotisations à la sécurité sociale (celles prises sur votre salaire, celles de votre employeur et celles de l'État)
  • le deuxième est constitué des pensions complémentaires que l'employeur peut proposer,
  • et le troisième, ce sont les assurances privées.

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L'opposition craint une future perte de valeur du premier pilier. Le gouvernement souhaiterait accorder des allègements fiscaux aux deuxième et troisième piliers. "Cela signifie que l’État veut même dépenser de l’argent pour que les gens prennent à l’avenir une assurance privée," souligne le député. Il craint que dans le futur seule une pension minimale soit garantie.

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Vers une moins bonne retraite ou une carrière plus longue?

Le vice-président de la Commission parlementaire, le député LSAP, Mars Di Bartolomeo, a un point de vue similaire sur la situation. "La ministre exclut pour le moment une augmentation des cotisations. Il ne reste alors plus qu'une réduction des prestations ou un allongement de la durée des cotisations", selon le député. Il en conclut que "ce gouvernement réfléchit déjà à réduire les prestations du premier pilier, le régime général d'assurance pension".

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Le député vert François Bausch s'est dit un peu nerveux. "La ministre a exprimé un peu gentiment que le principal pilier du régime de retraite ne devra peut-être plus tout couvrir à l'avenir", a déclaré l'élu. Mais il n’a pas été précisé à quoi devra ressembler le financement général de la CNAP.

Il a tenté de faire des propositions constructives. Les pensions dépendent beaucoup du facteur travail. À l'avenir, la numérisation et l'intelligence artificielle joueront un rôle de plus en plus important, le facteur travail, moins. Il faudrait par conséquent orienter la réflexion dans une autre direction "Les entreprises qui ont une forte productivité et réalisent beaucoup de bénéfices, mais qui emploient peu de personnel, doivent être incluses. Elles devraient également contribuer au financement de l’État-providence et des retraites", explique François Bausch.

Le président CSV de la Commission, Max Hengel, a indiqué qu'il s'agissait de gros dossiers, mais qu'il y a eu un échange ouvert et constructif. L’objectif doit toujours être que même ceux qui ne gagnent pas autant, ne soient pas affaiblis. Son collègue de la majorité, le député DP Gérard Schockmel, ne trouve pas si négatives les idées proposées. "De mon point de vue, ce qui est proposé ici est relativement rationnel," a-t-il commenté. Il s’agit de déclarations d’intention. Les détails doivent encore être réglés.

Après la réunion, l'ADR n'a pas souhaité réagir au micro de RTL. Quant aux Pirates, ils n'ont pas de représentant à la Commission de la Santé et de la Sécurité sociale.