L'année 2022 a marqué un virage à la baisse des réserves du fonds de compensation, qui a subi la morosité économique des marchés.

La dégringolade. Le fonds de compensation, qui abrite et investit l'argent mis en réserve pour payer les retraites luxembourgeoises, a subi un net recul de sa réserve en 2022.

Cette chute n'est pas due au mur des pensions, mais à une année économique très difficile. La guerre en Ukraine a longuement perturbé les marchés financiers et encouragé l'inflation, réduisant les performances du fonds. Après un gain exceptionnel de 11,44% en 2021, les placements de la réserve ont connu un rendement négatif de 11,93% en 2022. Traduction: sa réserve a fondu de plus de 2,54 milliards d'euros.

Fin 2022, le FDC disposait de 24,54 milliards d’euros placés dans des actions, des obligations ou dans l'immobilier. Soit 4,29 fois les dépenses annuelles de la Caisse nationale d'assurance pension.

Selon son président Alain Reuter, "le FDC s’est doté d’une nouvelle stratégie d’investissement pour les années 2023 à 2027". Avec notamment plus de financements "durables", dont l'ajout d'un volet d'investissement "aligné avec l'accord de Paris". Une manière de répondre aux critiques sur les investissements très polluants du fonds de compensation.

À court terme, la CNAP confirme l'équilibre du système car ses dépenses (21,89%) sont inférieures aux cotisations reçues (24%). À long terme, elle risque toutefois de se heurter à un véritable mur avec une explosion des dépenses pour payer les retraites. Au point que la réserve pourrait être épuisée d'ici 2047.

L'année 2022 a également marqué un point de bascule des pensions, qui sont désormais majoritairement payées... vers l'étranger. En effet, le CNAP a versé 105.493 pensions au Luxembourg, soit 49,84% du total. Toutes les autres retraités, quelle que soit leur nationalité, vivent donc à l'étranger, majoritairement dans l'UE (48,81% du total).