
“S’il faut cinq mois pour ouvrir un nouveau compte au Luxembourg, ce n’est pas une bonne publicité pour le pays”, a déclaré Laurent Mosar à la Chambre jeudi. Il a donc demandé à Gilles Roth, ce que le ministère des Finances comptait faire concrètement contre cette situation.
“C’est une situation qui n’est plus acceptable pour notre pays, notre économie et notre place financière”, a souligné le député CSV Laurent Mosar jeudi à la Chambre, en interpellant son collègue de parti, le ministre des Finances Gilles Roth, au sujet des difficultés rencontrées pour ouvrir un compte bancaire au Luxembourg dans un délai raisonnable.
Il faut, dit-il, parfois cinq mois pour obtenir une réponse. Il y aurait même des campagnes en cours, par exemple en Irlande, dont la place financière est en concurrence directe avec celle du Luxembourg, visant à déconseiller aux clients d’ouvrir un compte au Grand-Duché, s’est agacé Laurent Mosar.
Gilles Roth a toutefois nuancé ces propos lors de sa prise de parole. La grande majorité des ouvertures de compte aboutissent, une fois le dossier complet. Il ne faudrait pas dépeindre la situation comme pire qu’elle ne l’est réellement, car ce ne serait pas une bonne publicité non plus.
Le ministre des Finances a rappelé que depuis 2014, les particuliers ont le droit, en vertu d’une directive européenne, d’ouvrir un compte de paiement de base dans toute l’Union européenne. Les restrictions concernent plutôt les entreprises. Les procédures sont surtout ralenties par les règles anti-blanchiment plus strictes. Le problème n’est d’ailleurs pas spécifique au Luxembourg. Le ministre des Finances CSV se demande si le Luxembourg a de nouveau besoin d’un droit à un compte de base pour les entreprises ? Ce droit existait jusqu’en 2017 chez Post Luxembourg, avant que la Chambre ne l’abolisse avec 58 voix sur 60. Gilles Roth s’est dit ouvert à légiférer à nouveau et à explorer des pistes possibles.
Ces nouvelles pistes devraient être présentées d’ici Pâques, à condition qu’il n’y ait aucune concession, ni en matière de compétitivité ni en matière de sécurité.