“On n’aurait jamais pu imaginer une chose pareille, surtout dans un quartier tranquille en plein jour”, déclare Anne Reuter, directrice d’une agence immobilière luxembourgeoise. La douleur et la compassion sont immenses.
Anne Reuter explique qu’ ”en 21 ans de carrière en agence, je n’ai jamais rien vu de tel et c’est vraiment glaçant. Nous sommes profondément attristés pour la famille et les amis de cette jeune fille, une collègue d’une agence très réputée. Nous sommes sous le choc depuis mardi”.
Ces derniers jours, beaucoup d’employés d’agences immobilières abordent leurs rendez-vous clients avec un sentiment étrange, rapporte Isabelle Laures. L’agente immobilière a réfléchi à la manière de mieux se protéger. “Je me suis rendu compte que je pouvais me mettre en danger, chose dont je n’avais, au fond, pas conscience jusqu’ici. J’y ai réfléchi et je me suis dit que je ferais davantage de recherches dorénavant sur mes clients avant de faire une visite. Il se peut que je n’y aille plus, ou que je refuse certaines visites si la personne ne me semble pas tout à fait crédible. Même pendant la visite, je préfère me placer derrière le client plutôt que devant lui, afin d’avoir une idée de la situation et d’adapter mon comportement en conséquence”.
Les femmes sont plus exposées que les hommes. Sur des lieux sensibles, c’est plutôt un homme qui est envoyé au rendez-vous, explique Anne Reuter. À l’avenir, les agents exigeront encore plus d’informations en amont, des locataires ou acheteurs potentiels.
“Nous avons toujours posé des questions, mais maintenant, nous ne nous contentons plus de cela. Nous demandons très précisément une pièce d’identité, un contrat de travail, et ceux qui refusent de les fournir ne seront pas reçus”, prévient l’agente immobilière.
Le président de la Fédération immobilière, Michael Eires, partage cet avis: “C’est un cas dramatique, du jamais vu dans notre secteur. Actuellement nous sommes tous sous le choc. Mais cela aurait pu arriver à n’importe qui, quel que soit le secteur. Bien sûr, nous cherchons toujours à nous protéger, notamment en renforçant nos dispositifs de sécurité, par exemple en vérifiant l’identité des personnes qui visitent un bien”.
Selon Anne Reuter, une idée serait d’équiper les agents d’une mini-alarme qui “se tient dans la main, a la taille d’une télécommande de garage et il suffit de l’actionner pour déclencher un bruit d’alarme. Cela permettrait au moins d’effrayer l’agresseur, le perturber une seconde et ça rameuterait peut-être beaucoup plus de gens qu’un simple cri” .
Dans le secteur immobilier on reste persuadé que pour l’attaque au couteau du Limpertsberg il s’agit d’un tragique cas particulier. Les activités habituelles vont, soit se poursuivre avec un niveau de sécurité renforcé, mais le contact avec le client reste incontournable.