Ce qu'en pensent les députés luxembourgeois"L’Europe ne doit pas se laisser intimider par les États-Unis"

Marlène Clement
traduit pour RTL Infos
Les députés luxembourgeois étaient unanimes ce lundi à l’issue de la réunion de la Commission parlementaire des affaires étrangères et du commerce: L’Europe ne doit pas se laisser intimider par les États-Unis qui menacent avec de nouveaux droits de douanes pour s'accaparer le Groenland.
Symbolbild.

Suite à l’annonce par les États-Unis de droits de douane punitifs sur les importations en provenance de huit pays européens, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, dans le cadre du différend concernant le Groenland, les Européens refusent de se laisser intimider. Quant à la forme que devrait prendre la réponse européenne, rien n’est à exclure pour le moment, estime Xavier Bettel, ministre des Affaires étrangères et européennes (DP), après la réunion de la commission parlementaire: “Ça va des mesures anti-coercition au non-prolongement de la suspension de 93 milliards d’euros de droits de douane supplémentaires, tout doit être possible. Nous ne devons pas débuter les négociations en position d’infériorité”.

Une réponse européenne cohérente est désormais nécessaire, soulignent Laurent Zeimet, président du groupe parlementaire CSV, et Yves Cruchten, député LSAP. “Sans quoi elle (L’Europe, ndlr) n’est pas prise au sérieux sur le plan international”, estime Yves Cruchten. Le socialiste espère surtout que “le Luxembourg aura une position plus claire, car j’ai un peu l’impression que par le passé nous étions sur la retenue, dans l’espoir que si on ne fait pas de vague, personne ne nous prendra en grippe”.

Le député des pirates, Sven Clement, partage cet avis: “Une attaque contre un seul État membre de l’UE et sur son territoire serait, à l’instar des attaques contre l’OTAN et c’est écrit dans les traités, une attaque contre nous tous. En conséquence de quoi on doit se défendre par tous les moyens, c’est-à-dire des plus petits dont nous disposons jusqu’au bazooka commercial”.

La peur n’est pas une bonne conseillère, estime la député Déi Gréng Sam Tanson: “Les Américains sont des partenaires de longue date. Nous sommes également dépendants d’eux, notamment en Ukraine. Mais cela ne doit pas nous guider en tant qu’Union européenne en observant simplement ce qui se passe sans réagir, alors que des territoires sont accaparés alors qu’ils appartiennent à un pays européen”.

Dans toutes ces réflexions, il ne faut pas oublier que Donald Trump n’est pas tout-puissant, estime David Wagner, député de déi Lénk: “Il n’est pas aimé de ses concitoyens, il est faible, au sein de son propre parti. C’est aussi la raison de sa brutalité en politique intérieure : il est en train d’essayer de transformer les États-Unis en un État autoritaire, ce qui serait extrêmement dangereux.”

L’accord commercial avec les États-Unis semble désormais au point mort. Selon le député adr, Fred Keup, ce n’est pas une mauvaise chose: “C’est une réaction appropriée pour que nous arrivions à nouveau sur une ligne où nous pouvons à nouveau dialoguer avec les Américains et négocier normalement”.

Jusqu’à quel point les récentes menaces du président américain Donald Trump sont à prendre au sérieux, se montrera au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, mercredi. Le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden y participera également . Jeudi, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se réuniront à Bruxelles.

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