
C’est ce que révèle Eurostat, qui place le Grand-Duché tout en bas du classement européen lorsqu’il s’agit d’usage quotidien. À peine 3,3% des résidents prennent les transports publics chaque jour, un taux largement inférieur à la moyenne européenne (10,7%).
Le paradoxe est frappant : alors que le Luxembourg est souvent cité comme exemple pour sa politique de mobilité gratuite, il est aussi celui où l’on retrouve la plus faible proportion d’usagers réguliers. Même sur une base hebdomadaire, le pays reste loin derrière ses voisins, malgré un réseau dense et en constante modernisation.
Dans le reste de l’Union, l’usage quotidien est nettement plus élevé, notamment dans les pays où les grandes villes concentrent la majorité des déplacements. À l’inverse, au Luxembourg, la voiture reste reine. Les distances courtes, le niveau de vie élevé, la culture de l’automobile et les trajets transfrontaliers expliquent en partie cette dépendance persistante.
Autre contraste : si le Luxembourg est le pays où l’on utilise le moins les transports publics au quotidien, il est aussi celui où la proportion de personnes n’y ayant jamais recours est la plus faible de l’UE. Seuls 15,7% des habitants déclarent ne jamais monter dans un bus, un tram ou un train, loin des taux records observés à Chypre, en Italie ou au Portugal. Autrement dit, les Luxembourgeois utilisent les transports… mais rarement.
Cette combinaison atypique — très peu d’usagers quotidiens, mais très peu de non‑usagers — dessine un paysage où les transports publics sont perçus comme une solution d’appoint plutôt qu’un réflexe quotidien. Un défi de taille pour un pays qui mise depuis plusieurs années sur la gratuité et les investissements massifs pour réduire la congestion routière.