Evacué de Dubaï à bord d'un A400M, un résident témoigne"J'ai presque oublié que j'étais dans un avion militaire"

Pierre Weimerskirch
adapté pour RTL Infos
Après l’escalade de la situation en Iran et au Moyen‑Orient, le Luxembourg a organisé, en collaboration avec des partenaires internationaux, une vaste opération de rapatriement. Un résident raconte son retour vers le Grand-Duché.
Des résidents luxembourgeois ont également été évacués de Dubaï à bord d’un A400M.
Des résidents luxembourgeois ont également été évacués de Dubaï à bord d’un A400M.
© Privé

Stelio Kokkinos figure parmi les personnes concernées. Il passait une semaine de vacances à Dubaï, lorsqu’il a soudain été confronté à une situation difficile.

Vol deux fois annulé

Stelio Kokkinos se trouvait à Dubaï, quand les attaques contre l’Iran ont commencé. Son vol retour vers le Luxembourg était prévu le 2 mars, deux jours après le début des attaques.

“Mon vol depuis Dubaï a été annulé deux fois. C’est là que j’ai compris que la situation pourrait durer plus longtemps.”

Insécurité et alerte aux missiles

Les jours précédant l’évacuation ont été marqués par l’insécurité et les inquiétudes.

Nous entendions le bruit des interceptions de missiles dans le ciel et recevions régulièrement des messages d’alerte nous demandant de chercher un abri et de nous éloigner des fenêtres.

Il a dû aller plusieurs fois dans le sous-sol de son hôtel.

Au début, il ne savait pas si des missiles avaient frappé le sol et, si oui, à quelle distance de lui.

C’est ce qui m’a fait le plus peur.

En même temps, il affirme que les autorités des Émirats ont bien géré la situation. La communication était claire et a contribué à éviter que la panique se propage.

Les personnes sur place recevaient sans cesse des notifications push informant de la situation.
Les personnes sur place recevaient sans cesse des notifications push informant de la situation.
© Screenshot vum Smartphone

Contact avec le ministère des Affaires étrangères luxembourgeois

Il a été contacté par le ministère des Affaires étrangères luxembourgeois dès le lendemanin du début des attaques.

Ils m’ont demandé si j’allais bien ou si j’étais en danger, et m’ont donné des recommandations. C’était extrêmement rassurant de savoir qu’ils avaient déjà pensé à nous.

Dans les jours qui ont suivi, un rapatriement via Oman avec Luxair lui a été proposé. Cependant, comme il ne se sentait pas en sécurité à l’idée de voyager via un autre pays du Moyen‑Orient, il n’a pas accepté. Lorsque le ministère lui a ensuite proposé une évacuation directe depuis Dubaï avec l’armée, il a accapté avec un grand soulagement.

“Voler n’est pas ma grande passion”

Stelio Kokkinos a été rapatrié à bord d’un A400M. Deux appareils étaient à Dubaï, un de l’unité belgo-luxembourgeoise et un de l’armée belge.

Voler n’est pas ma grande passion, alors vous pouvez imaginer ma tête quand j’ai vu l’avion militaire.

Vue sur l’avion militaire depuis le bus.
Vue sur l’avion militaire depuis le bus.
© Privat

Mais le vol lui‑même a été “extraordinaire” : “Je ne me suis jamais senti aussi en sécurité.”

Les soldats étaient très professionnels, aimables et serviables. Ils ont expliqué en détail le déroulement du vol, les consignes de sécurité et les différences par rapport à un vol normal. Avant le décollage, de l’eau et des bouchons d’oreilles ont également été distribués, car le bruit est plus fort que dans un avion commercial.

Qu’est‑ce qui l’a particulièrement impressionné ?

Le professionnalisme, la communication et la bonne humeur. J’en ai presque oublié que je me trouvais dans un avion militaire.

Sensation de malaise au décollage

Au moment du décollage, il a quand même eu un peu peur et ressenti comme un malaise.

Je savais que des missiles étaient probablement encore interceptés. De plus, il y avait eu une explosion la veille à l’aéroport de Dubaï.

Il n’a commencé à se sentir plus calme que lorsque l’avion a quitté l’espace aérien des Émirats, environ 15 minutes après le décollage.

Une situation inhabituelle. Des civils dans un A400M. Un avion militaire des armées belge et luxembourgeoise.
Une situation inhabituelle. Des civils dans un A400M. Un avion militaire des armées belge et luxembourgeoise.
© Privat

Longue escale en Égypte

Le rapatriement a été organisé conjointement par les armées belge et luxembourgeoise. Après sept heures d’escale à Hurghada, en Égypte, où des représentants du ministère des Affaires étrangères luxembourgeois et de l’ambassade de Belgique étaient présents en permanence, les passagers ont continué à être pris en charge.

Ils ont distribué de la nourriture, des boissons et des couvertures, installé un modem pour que nous ayons accès à Internet, et même mis en place une petite infirmerie pour les personnes ayant besoin d’une aide médicale.

L’attente à l’aéroport d’Hurghada. Ensuite, le voyage s’est poursuivi en direction de la Belgique.
L’attente à l’aéroport d’Hurghada. Ensuite, le voyage s’est poursuivi en direction de la Belgique.
© Privat

Depuis Hurghada, le voyage s’est poursuivi en avion commercial vers Bruxelles. A l’aéroport de Zaventem, un bus de l’armée luxembourgeoise attendait pour conduire les résidents jusqu’au Findel, où ils sont arrivés vers 14 heures.

J’ai réalisé à quel point j’ai de la chance de vivre au Luxembourg et à quel point je me sens en sécurité dans mon pays.

Déi lescht Etapp: E Bus vun der Lëtzebuerger Arméi huet d'Residenten zeréck an de Grand-Duché bruecht.
Déi lescht Etapp: E Bus vun der Lëtzebuerger Arméi huet d’Residenten zeréck an de Grand-Duché bruecht.
© Privat

C’est quelque chose qu’on oublie facilement dans la vie de tous les jours.

Comparé à d’autres pays, le Luxembourg a été très efficace et rapide.

Je veux remercier de tout cœur les autorités et toutes les personnes impliquées. C’est le minimum que je puisse faire.

Retrouvez l’article de RTL Today ci-dessous :
Aboard military plane: Evacuees from Dubai praise Luxembourg’s repatriation efforts

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