
La suspension du docteur Philippe Wilmes, chirurgien renommé, fait la une des médias et divise l’opinion publique. Alors que le médecin évoque des “attaques politiques” et une conspiration, sans reconnaître la moindre erreur de son côté, la ministre de la Santé, Martine Deprez, défend sa décision.
“Nous avons appliqué la loi et voulu protéger les patients. C’est pour cette raison que nous avons décidé la suspension partielle”, a déclaré la ministre de la Santé, Martine Deprez, dans l’interview accordée à RTL ce matin, au sujet de l’affaire qui concerne le médecin qui aurait pratiqué des opérations inutiles.
Le Collège médical a proposé à la ministre de la Santé de suspendre provisoirement le médecin. Elle a reçu un premier courrier du Collège médical en décembre. Plusieurs signalements indiquaient que le médecin “avait pratiqué des actes qui n’auraient pas dû être effectués”, par exemple des opérations des ligaments croisés alors que ce n’était pas là que se trouvait le problème. Il ne s’agissait pas ici de l’ensemble du travail du médecin. Elle s’en est tenue au dossier et a appliqué ce que prévoit la loi : une suspension de trois mois pour les interventions chirurgicales. L’objectif était d’”empêcher que d’autres patients soient opérés alors que cela n’aurait pas été nécessaire”. Comme il y avait “péril en la demeure”, il fallait agir. Le médecin a toutefois le droit de continuer à consulter et à voir des patients. Il a également pu venir s’expliquer au ministère.
Lundi soir, le docteur Wilmes était interviewé sur RTL Télé et il a nié tout comportement fautif. Depuis 2013, il a réalisé 5.500 opérations. Ses indications ont toujours été correctes et chaque intervention était nécessaire, selon Philippe Wilmes. Le médecin parle d’une attaque ciblée. Selon ses propos, “quelque chose est en train de se passer dans le but de détruire sa réputation.”
Les motivations politiques, le projet de clinique au Findel dans lequel le docteur Wilmes est impliqué, ou encore le fait qu’il soit le frère de son collègue au gouvernement, Serge Wilmes, tout cela n’a joué aucun rôle dans la décision de suspension, a assuré Martine Deprez, en ajoutant “nous avons appliqué une procédure qui est inscrite dans la législation. Nous sommes dans un État de droit, les lois doivent donc être appliquées telles qu’elles sont écrites, ni plus ni moins.”
Elle s’est également réjouie d’avoir pu expliquer de manière factuelle, en commission parlementaire, plusieurs points qui étaient jusque‑là débattus sur la place publique.
Martine Deprez a également insisté sur le fait que le ministère n’a pas rendu l’affaire publique, ni divulgué le nom du médecin : “Chaque fois que nous avons été interpellés en tant que ministère au sujet de cette procédure, nous nous sommes simplement référés à la loi en précisant que nous ne commentions pas une procédure en cours.(...) nous n’avons pas non plus mentionné de nom. Nous parlons toujours du médecin concerné.”
Martine Deprez rejette les accusations d’abus de fonction (formulées dans la lettre ouverte du docteur Wilmes au Premier ministre). Elle a souligné que le Premier ministre Frieden était précisément informé et qu’il la soutenait. Le fait que le frère du médecin soit membre du gouvernement ne jouerait aucun rôle non plus, selon elle.
Des experts vont désormais devoir analyser les différents signalements visant le docteur Wilmes. Le ministère désigne l’un des trois experts, le médecin un autre, et ces deux experts devront ensuite se mettre d’accord sur le nom d’un troisième. Ils disposeront alors de six semaines pour établir leurs expertises.
“Le Collège médical est également en train de travailler de manière très minutieuse, et des informations supplémentaires pourraient être communiquées encore cette semaine”, a ajouté la ministre.