Qui est responsable?Les problèmes s'accumulent dans trois résidences de la SNHBM au Kirchberg

Marc Hoscheid
Depuis que les premiers habitants y ont emménagé fin 2021, des problèmes ont surgi dans trois résidences de la SNHBM dans la rue Václav Havel au Kirchberg.
© Marc Hoscheid

En août 2022 déjà, RTL Infos avait consacré un reportage aux habitants de ces résidences neuves confrontés à de multiples malfaçons et défauts. Il était alors question d’humidité dans les caves et de fenêtres non-étanches. Puis, début septembre 2023, c’étaient cette fois des bordures qui étaient tombées d’un balcon dans un jardin en contrebas. Depuis des clôtures entourent les bâtiments et il a été recommandé aux résidents de ne pas aller sur leur balcon ou leur terrasse. A présent, le promoteur SNHBM et la société CLE, qui a réalisé les travaux, s’affrontent pour savoir qui est responsable. Quant aux propriétaires des appartements, ils sont frustrés.

Déjà lorsqu’ils ont reçu les clés des appartements, il y avait des problèmes, par exemple des vitres rayées. Ils ont subi des pressions pour signer la remise des clés. Dès le départ aussi, un problème d’humidité dans les caves a été signalé, mais on n’a pas cru les résidents.

“On m’a dit, c’est normal, c’est une cave, c’est normal que c’est humide. Et quatre mois plus tard, j’avais plein de moisissures, de champignons, sur mes affaires, donc ça prouvait bien que j’avais raison”, indique Cindy, présidente du Conseil syndical.

Entretemps, la SNHBM a pris des mesures pour résoudre le problème. Mais les propriétaires se plaignent toujours des fenêtres non-étanches et des systèmes d’aération qui ne fonctionnent pas correctement. De plus, les filtres sont changés quatre fois par an, et non deux fois par an seulement comme recommandé. Des tests ont également montré qu’il y avait une concentration trop élevée de bactéries dans au moins un appartement.

Le plus gros problème est cependant que le risque de chute d’éléments des balcons subsiste. Environ deux tiers des cents balcons sont concernés. Et là, les résidents pointent la responsabilité de la SNHBM, comme Roberto, membre Conseil syndical:

“Nous, on se demande, comment c’est possible, que le promoteur, qui est la SNHBM, n’a pas contrôlé pendant la construction? Pourquoi il y a pas eu plus de contrôles? Parce que souvent ils nous disent, qu’ils sont obligés de travailler avec la société la moins chère, ce qui est le système, on le comprend. Mais si vous savez déjà ça, pourquoi il y a pas plus de contrôles?”

La SNHBM souligne en premier lieu que les travaux ont été réalisés par des entreprises privées et non par ses propres salariés. Elle a un millier de chantiers dans tout le pays et elle ne peut pas être partout. Mais n’aurait-elle pas dû le remarquer ensuite?

“Non! Je pense que ces bordures de balcon, ce n’était absolument pas visible de l’extérieur. Tout avait l’air conforme. Tout n’était pas achevé au niveau de la façade, il restait des choses à faire. Mais ce qui s’est passé n’était pas prévisible. Bien sûr, si nous avions su qu’il y avait un risque, nous n’aurions certainement pas remis les clés. Mais il est simplement impossible de suivre tout ce qui se passe pendant la construction”, selon le directeur de la SNHBM, Guy Entringer.

Il y a un gros problème en général pour trouver des artisans compétents. En plus, le recours à des sous-traitants est de plus en plus fréquent, ce qui augmente l’opacité. Une expertise judiciaire est en cours. Si cela ne débouche pas sur un accord, l’affaire se retrouvera devant les tribunaux, ce qui risque de faire traîner les choses en longueur.

La SNHBM n’est pas seulement le promoteur du projet, elle est aussi propriétaire de l’une des trois résidences. C’est pourquoi elle représente dans les 40% du syndicat de copropriété. Guy Entringer affirme toutefois que la SNHBM n’a jamais influencé une décision en son sens.

La SNHBM souligne encore que le promoteur public ne peut avoir aucun intérêt à la situation actuelle. Par ailleurs, l’entreprise de construction CLE, en charge notamment du gros oeuvre et de la façade des bâtiments, n’a pas répondu à la demande d’interview de RTL.

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