
Selon les calculs, le Luxembourg a déjà épuisé toutes les ressources dont dispose le pays pour l’ensemble de l’année. Le carburant vendu dans les stations-service ou la plupart des produits disponibles dans les rayons sont achetés à l’étranger. “Si vous avez suffisamment d’argent, vous pouvez vous le permettre, mais cela ne signifie pas pour autant que ce soit durable”, analyse Raymond Klein. À ses yeux, le modèle consistant à vivre à crédit depuis février n’a pas d’avenir.
Il rejette l’argument selon lequel le Luxembourg est trop petit pour avoir un impact, car si tout le monde pensait ainsi, personne ne ferait jamais rien. Au contraire, l’activiste estime que le Luxembourg a de nombreuses possibilités de faire la différence. Cela vaut pour les finances, la main-d’œuvre, mais aussi pour la recherche et les infrastructures. Le Luxembourg pourrait servir d’exemple, selon lui.
Selon Raymond Klein, les gens pourraient repenser un peu leur mode de vie, mais un pays pourrait aussi changer ses politiques en matière de consommation, par exemple dans le domaine de la mobilité. Il remet les choses en perspective, notamment avec l’'électromobilité qui ne peut pas non plus résoudre tous les problèmes, car les voitures doivent toujours être fabriquées.
Il faudrait plutôt promouvoir les transports publics, le vélo ou la marche, des habitudes également plus saines pour tout le monde.
Quant au tourisme à la pompe, qui représente une grande partie de l’empreinte écologique du pays, Raymond Klein estime qu’il faudrait utiliser le levier fiscal.
Mais il ne faut pas voir cela comme une “interdiction”, car si les gens savent que le prix du carburant va augmenter, cela peut également les aider à prendre les bonnes décisions aujourd’hui. À l’argument selon lequel être plus économe ne serait pas bon pour l’économie, Raymond Klein répond que si une mesure nuit à une partie de l’économie, elle peut en promouvoir une autre.
Chez Votum Klima, une plateforme composée de diverses ONG, ils sont “très, très conscients” que la justice et l’équilibre social jouent un rôle majeur.
Raymond Klein a toutefois souligné qu’il existe une dimension nationale et une dimension internationale : dans les pays du Sud, l’impact du changement climatique est beaucoup plus important, tout comme les inégalités entre le Nord et le Sud.