
Comme l’an passé, le Luxembourg “fête” sans gloire son “jour du dépassement” le 17 février. Sans gloire, car il est, juste après le Qatar, le deuxième moins bon pays en la matière.
Ce “jour du dépassement”, calculé par l’ONG Global Footprint Network, témoigne de la capacité du pays à vivre au-dessus de ses moyens, écologiquement parlant. En mesurant les capacités environnementales du pays (en termes d’absorption et de production de CO2, l’agriculture, les forêts, les surfaces bâties), l’ONG a développé un calcul qui détermine combien de planètes il faudrait si l’Humanité toute entière vivait comme les Luxembourgeois. Résultat : sept à huit planètes seraient nécessaires pour supporter le mode de vie luxembourgeois.
Outre la mobilité et la vie économique du pays, l’alimentation a également un impact important sur l’empreinte écologique – en particulier les produits importés.
“Nous avons un niveau de vie très élevé. Notre population augmente, alors le système doit aussi suivre ce rythme assez rapidement”, explique Norry Schneider de l’ONG Votum Klima. Ce déséquilibre contribue évidemment au changement climatique, dont les effets se font aussi sentir au Luxembourg. “Heureusement, le Luxembourg n’est pas comparable au Bangladesh. Mais on constate tout de même que nous avons parfois beaucoup trop de pluie en très peu de temps – ce qui provoque des inondations. À d’autres périodes, il ne pleut pas assez et l’agriculture en souffre”, ajoute Norry Schneider.

Le “jour du dépassement” ne doit toutefois pas être un résultat alarmiste. Car son mode de calcul pénalise énormément le Luxembourg, dont l’activité aux frontières est importante. Le calcul est d’ailleurs basé sur les résidents et ignore la place des frontaliers, dont la consommation est attribuée au Luxembourg. Les ventes de carburant jouent également contre le pays. Tout comme la place de certaines de ses industries. Selon une analyse effectuée par le Conseil supérieur pour un développement durable il y a quelques années, le tourisme à la pompe équivalait à lui seul pour deux “planètes” sur les huit évoquées plus tôt. Pas de quoi nier les mauvaises habitudes climatiques du Luxembourg, qui figurerait quand même parmi les plus mauvais si l’on équilibrait le calcul.
Le “jour du dépassement” reste donc un indicateur imparfait d’une tendance certaine : le Luxembourg a encore de gros progrès à faire. Heureusement pour lui, la tendance semble plutôt encourageante. Son jour du dépassement a reculé de quelques jours entre 2023 et 2026. Ses efforts sur les énergies renouvelables et le transport propres devront s’intensifier pour y contribuer davantage. Norry Schneider voit aussi ici des possibilités d’action individuelles : “Chacun peut relativement bien agir lui-même. Par son assiette. Par ses achats.”