
L’ancien député-maire de Differdange, Roberto Traversini, comparaît actuellement devant le tribunal de Luxembourg pour prise illégale d’intérêts, faux et détournement de fonds publics. La semaine dernière, au terme de son réquisitoire, le procureur a requis à l’encontre de Roberto Traversini une peine de quatre ans de prison avec sursis intégral ainsi qu’une amende et une interdiction d’exercer un mandat public pendant cinq ans. Lundi, c’était au tour de la défense de l’ex-député-maire de plaider.
Roberto Traversini devra‑t‑il bientôt effectuer des travaux d’intérêt général dans un hôpital, une maison de retraite ou au CIGL ? C’est en tout cas une sanction que son avocat, Maître Rosario Grasso, peut envisager, dans l’hypothèse où le tribunal ne retiendrait pas une peine supérieure à six mois. “Cela peut aller jusqu’à un maximum de 240 heures, ce qui correspond à une peine de prison de six mois. Aujourd’hui, on a demandé : ‘L’envoie‑t‑on alors au CIGL ?’ Il appartiendra au tribunal de décider quels travaux il devrait effectuer”, a souligné Maître Rosario Grasso au micro de RTL, lundi soir, au terme du dernier jour d’audience.
En premier lieu, l’avocat a toutefois demandé au tribunal une suspension du prononcé de la condamnation, cest‑à‑dire un jugement où le tribunal déclare que la personne est pénalement responsable et coupable, mais qu’en raison de circonstances particulières, aucune peine n’est prononcée pour le moment. Cependant si la personne concernée doit ensuite à nouveau répondre de ses actes devant un tribunal dans les prochaines années, elle devra alors revenir également devant la juridiction actuelle. “Dans le dossier Traversini, il reste toutefois un obstacle”, a encore expliqué Maître Rosario Grasso : l’accusation de faux dans sa fonction de fonctionnaire public. Si cette charge est retenue, la peine encourue est d’au moins trois ans. Dans ce cas, la suspension du prononcé n’est plus possible.
Roberto Traversini a toujours été coopératif durant l’enquête et a répondu honnêtement à toutes les questions de la police judiciaire et du juge d’instruction, a déclaré son avocat pendant sa plaidoirie. Il a reconnu dès le début avoir commis des erreurs, mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles seraient pénalement pertinentes. Il s’agissait certainement, pour son client, d’erreurs morales et politiques qu’il avait commises. Roberto Traversini n’avait pas l’intention de s’enrichir personnellement ni de favoriser des proches. Il a toujours agi ouvertement et n’a jamais dit à qui que ce soit, par exemple, qu’une note ne devait pas être facturée. Mais pour qu’il y ait une prise illégale d’intérêts, il ne faut en fin de compte pas beaucoup de preuves, selon l’avocat. Dès qu’intérêt privé et intérêt public se mêlent, l’infraction est déjà constituée au Luxembourg.
Le Parquet avait requis la semaine dernière quatre ans de prison avec sursis intégral, ainsi qu’une amende et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans. L’avocat explique par le fonctionnement normal de l’Etat de droit que près de six ans se soient écoulés entre l’enquête et le procès. “Roberto Traversini a très tôt démissionné de ses différentes fonctions, dès que l’affaire a éclaté, ce que je considère comme responsable, mais aussi respectueux envers ses collègues de parti. En politique, de manière générale, c’est la bonne chose à faire”, a souligné Maître Rosario Grasso.
Le procès n’a en tout cas pas permis de clarifier la question de savoir si Roberto Traversini aspirera un jour de briguer à nouveau un mandat public. La semaine dernière, il avait secoué la tête à cette question. Ce lundi, lorsque son avocat l’a regardé et a dit penser avoir compris qu’il n’aspirait pas à un mandat public, son client s’est contenté d’afficher un large sourire.
Le verdict est attendu le 12 mars.