Traversini devant la justiceL'ex-député-maire de Differdange veut s'expliquer publiquement

Diana Hoffmann
traduit pour RTL Infos
Au deuxième jour d'audience, l’ex-bourgmestre de Differdange, Roberto Traversini, a témoigné. A cette occasion, il a reconnu certaines erreurs.
Roberto Traversini lundi au tribunal.
© RTL

Roberto Traversini et deux autres prévenus comparaissent depuis lundi devant la septième chambre correctionnelle du tribunal de Luxembourg pour prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics, faux et abus de confiance.

Une famille de réfugiés afghans cuit désormais du pain dans le fameux abri de jardin de Roberto Traversini. C’est sans doute le seul point positif que l’ancien bourgmestre de Differdange associe encore à cet abri de jardin. Cette déclaration a déclenché brièvement des rires au tribunal. Mais pour le reste, rien ne prête à rire pour l’ancien député vert. Même six ans après la fameuse affaire dite “de l’abri de jardin”, il avait encore parfois du mal à contenir ses émotions en se remémorant les faits qui lui sont reprochés. Ces faits n’ont plus rien à voir avec l’affaire initiale, que la justice a décidé de classer.

Mardi, Roberto Traversini a dû s’expliquer devant les juges sur 11 charges retenues contre lui. Les accusations les plus graves étant la prise illégale d’intérêts et le détournement de fonds publics. “Je veux assumer mes erreurs, si j’en ai commis”, a déclaré le prévenu. C’est pourquoi il n’a pas accepté un “jugement sur accord”. Un jugement sur accord est un arrangement, une reconnaissance de culpabilité négociée entre l’accusé, son avocat et le parquet à huis clos. Mais Roberto Traversini a affirmé qu’il voulait s’expliquer publiquement.

Sur de nombreux points, il a eu une explication pour ses agissements à l’époque. Pourquoi le stagiaire a-t-il dessiné des plans pour une maison privée ? Cette maison devait être transformée en centre socio-thérapeutique, à la demande du ministère de l’Éducation. De plus, le stagiaire n’avait pas d’autre tâche à ce moment-là. Pourquoi l’initiative pour l’emploi CIGL a-t-elle effectué des travaux sans être rémunérée ? “On m’a demandé de mettre en place une formation pour le CIGL”, a répondu l’ancien président du CIGL, Roberto Traversini. A de nombreuses reprises, l’ex-bourgmestre de Differdange a toutefois reconnu des erreurs, surtout avec le recul et ce qu’il sait aujourd’hui. “Il faut aussi regarder le contexte”, a-t-il expliqué une autre fois au président du tribunal. Et d’ajouter : “J’avais beaucoup trop de casquettes. Je le sais avec le recul.

On peut faire 100 choses correctement et ce sont les 10 qu’on a mal faites, qui restent”, a déclaré le procureur dans son réquisitoire entamé mardi. Tous les faits reprochés ne sont pas extrêmement graves, mais il va préciser par la suite ceux que le parquet considère comme plus ou moins sérieux. L’affaire de l’abri de jardin était de loin la moins importante, mais c’est par là que tout a commencé. Pour l’accusé, cette affaire a marqué le début d’une autre vie. “Plus personne ne m’a cru. Peu importe ce que je disais pendant un certain temps”, a souligné Roberto Traversini. Chaque jour, quelque chose de plus grave circulait à son sujet. L’affaire de l’abri de jardin a entraîné sa démission ainsi que celle de la ministre de l’Environnement de l’époque, Carole Dieschbourg.

Le procès se poursuivra mercredi avec la suite du réquisitoire du parquet et les plaidoiries des avocats.

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