Affaire TraversiniL'ex-député-maire de Differdange condamné à trois ans de prison avec sursis intégral

Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
Roberto Traversini était notamment poursuivi pour prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et faux.
Roberto Traversini (photo d'archive)
© RTL

Les chaussettes ornées de trèfles verts que portait Roberto Traversini jeudi matin n’ont pas suffi à lui éviter une condamnation. L’ancien député‑maire de Differdange a été condamné à trois ans de prison avec sursis intégral et à une amende de 10.000 euros. Il se voit en outre interdit d’exercer tout mandat public pendant cinq ans.

Fin janvier, l’ex-élu avait comparu devant la septième chambre correctionnelle du tribunal de Luxembourg pour 11 chefs d’accusation, dont prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et faux. Lors du procès, il a été beaucoup question de la maison à Niederkorn, dont Roberto Traversini a hérité plus tard. Lors de travaux effectués sur ce bien, il aurait utilisé sa position de bourgmestre et de président de l’initiative d’emploi CIGL à son avantage personnel, notamment en faisant réaliser des travaux de voirie qui n’auraient pas été correctement mis en adjudication. C’est dans ce contexte qu’il y aurait également eu falsification de documents. Par ailleurs, des frais de matériel liés à d’autres travaux autour de la maison n’auraient pas été payés, ou pas immédiatement.

En le condamnant à trois ans de prison assortis du sursis intégral, les juges de la septième chambre correctionnelle sont toutefois restés un an en‑deçà des quatre années requises par le parquet. Le tribunal est ainsi descendu au minimum de la peine possible compte tenu des faits reprochés. Un acquittement sur l’accusation de faux, comme l’avait demandé l’avocat de Roberto Traversini, Maître Rosario Grasso, n’a pas été accordé par le tribunal. "Lorsque nous recevrons le jugement dans les prochains jours, nous devrons voir quels ont été les motivations et le raisonnement du tribunal", a souligné l’avocat. Ce n’est qu’après cela qu’une décision sera prise quant à un éventuel appel.

Interrogé sur la réaction de son client à l’annonce de l’interdiction d’exercer un mandat public pendant cinq ans, Rosario Grasso a commenté que celui‑ci n’en avait de toute façon pas l’intention. C’est du moins ce qu’il avait déclaré lorsque les juges l’avaient interrogé. Il avait également expliqué à Roberto Traversini qu’une telle sanction constituerait une conséquence logique si une partie des infractions reprochées était retenue.

La compagne de Roberto Traversini, poursuivie pour complicité dans la prise illégale d’intérêts, a été condamnée à une amende de 5.000 euros. Son avocat, Maître Gennaro Pietropaolo, a aussi indiqué qu’il fallait désormais examiner la situation avant de décider d’un éventuel appel. "La question de l’amende, relativement élevée, se pose effectivement. Elle aurait aussi un impact direct sur la situation de ma cliente au regard de son casier judiciaire", a souligné l’avocat. Le fonctionnaire communal, poursuivi pour le même motif que la compagne de Roberto Traversini, a quant à lui été acquitté.

Ce jugement met un terme provisoire à près de six années d’attente pour Roberto Traversini. Les reproches à son encontre étaient apparus dans la foulée de l’affaire dite de l’abri de jardin en 2019. Reste à savoir s’il y aura un second round dans ce dossier : il faudra patienter au maximum 40 jours . C’est le délai dont disposent les parties pour faire appel.

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